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Les algues vertes peuvent tuer.

mercredi 23 juin 2010, par Gérard Borvon

La mort de deux chiens à Hillion (22), la mort d’un cheval, la mort présumée d’un jogger, celle d’un ouvrier chargé du ramassage, des témoignages de victimes, des taux d’hydrogène sulfuré très élevés... Forts de ces éléments, des scientifiques l’affirment : les algues vertes en putréfaction peuvent représenter un danger mortel pour l’homme. Et, sans doute, ont-elles déjà tué.



Algues vertes. Le cri d’alarme

La mort de deux chiens à Hillion (22), des témoignages de victimes, des taux d’hydrogène sulfuré très élevés... Forts de ces éléments, des scientifiques l’affirment : les algues vertes en putréfaction peuvent représenter un danger mortel pour l’homme.
Elles polluent les plages de Bretagne depuis trente ans, leur odeur d’œuf pourri importune les promeneurs mais, jusqu’ici, personne ne s’était vraiment inquiété de leur dangerosité. Pourtant, depuis la mort de deux chiens, le 12 juillet dernier, sur la plage de la Granville à Hillion, ils sont de plus
en plus nombreux à être persuadés que les algues vertes, lorsqu’elles sont en état de putréfaction, peuvent représenter un réel danger pour l’être humain. Spécialiste au CNRS des polluants aériens et de leurs effets sur la santé, le docteur Claude Lesné a sérieusement commencé à s’intéresser au sujet il y a deux mois. Et aujourd’hui, sa conviction est faite :

lorsque vous marchez sur la croûte blanche des amas d’algues en décomposition et que vous la percez, la quantité d’hydrogène sulfuré qui s’échappe alors peut être mortelle.

Œdème aigu du poumon

« L’histoire des deux chiens m’a alerté. Car les deux autopsies réalisées par deux organismes différents (l’école vétérinaire de Nantes et le laboratoire départemental de Vendée) confirment le décès par inhalation de gaz toxiques. Ces chiens sont morts d’un œdème aigu du poumon. Il n’y a aucune ambiguïté », affirme le Dr Lesné. « À partir de cette histoire, nous sommes plusieurs professionnels de santé à nous faire la même réflexion : si cela arrive à deux gros chiens (13 kg et 25 kg), ça peut également arriver à des humains et, notamment, à des enfants. Surtout que les animaux réagissent habituellement plus tard et à des doses plus élevées ».

Seuil mortel au bout de dix minutes

En 2000, un rapport de l’Ineris (Institut national de l’environnement industriel et des risques), commandé par le ministère de l’Écologie, indiquait que le seuil létal était atteint au bout de dix minutes lorsque le taux d’hydrogène sulfuré dans l’air est mesuré à 688 ppm (partie par million). Et pour la même durée, le seuil d’effets irréversibles est, lui, fixé à 150 ppm. Or, depuis moins de dix jours, le Ceva (Centre d’étude et de valorisation des algues) détient de nouvelles études sur le taux d’hydrogène sulfuré s’échappant des algues vertes en putréfaction. « Avec l’histoire des chiens, nous avons récemment été équipés de nouveaux détecteurs permettant de monter plus haut dans la mesure, jusqu’à 500 ppm », raconte Sylvain Ballu, ingénieur agronome au Ceva. « Lorsque j’ai placé ce capteur à 2 cm au-dessus d’un tas d’algues après avoir percé la croûte, l’appareil m’indiquait un taux supérieur à 500 ppm. Aujourd’hui, nous n’en avons pas la certitude, mais nous sommes certainement bien au-delà ». Autrement dit à hauteur du seuil mortel au bout de dix minutes d’exposition.

D’autres gaz toxiques dans les algues

Reste qu’il paraît peu envisageable pour une personne sensée de rester dix longues minutes dans un endroit où règne une véritable puanteur. Seulement, le Dr Lesné développe trois arguments pour rappeler l’extrême dangerosité des tas d’algues en décomposition depuis plusieurs jours. Premièrement, à de telles teneurs en hydrogène sulfuré, le seuil de perte de l’odorat arrive très rapidement. Deuxièmement, d’autres gaz soufrés toxiques s’échappent des tas d’algues, sans qu’on ne les connaisse actuellement. Et troisièmement, en cas d’efforts, et donc d’hyperventilation, la dose de toxiques inhalés est multipliée par 10. La dose létale est alors atteinte au bout de 60 secondes. « C’est ce qui a dû se produire pour les chiens puisque, selon leur propriétaire, ils couraient sur la plage depuis vingt minutes », indique le chercheur. « 

C’est pour cela que j’estime qu’un jogger est en danger sur ces plages. Même chose pour des enfants en train de jouer. De plus, nous avons des témoignages de travailleurs des algues durement touchés (lire ci-dessous) ». À ce jour, les algues vertes n’ont officiellement tué personne. Pour autant, les effets sur la santé humaine ne sont pas contestables selon le chercheur. « Nous savons, par exemple, que chez un asthmatique, la crise peut se déclencher à partir de 19 ppm. Il est grand temps que des mesures provisoires soient prises et, surtout, que l’on ferme le robinet à nitrates ».

(Article publié par le Télégramme de Brest du 4 octobre 2008)


notre commentaire :
pas de mort "officielle" mais tout porte à croire qu’un jogger est déjà mort par asphyxie dans les algues et il est prouvé que des employés chargés de les ramasser ont été gravement intoxiqués.




Lu dans "Aujourd’hui en France" du 28 septembre 2008


Témoignage. Je suis resté cinq jours dans le coma.

Pour ne pas perdre tous les touristes les communes font ramasser les algues vertes sur les plages. Quand les tas d’algues vertes sont remués pour être chargés dans les camions, beaucoup de ceux qui sont chargés de ce travail souffrent de brûlures aux yeux et aux poumons. L’association "sauvegarde du Trégor" a lancé un appel à témoignage. Une personne est venue raconter comment, en 1989, elle avait retrouvé un jogger mort dans un dépôt d’algues vertes. L’hypothèse d’une asphyxie par les gaz toxiques avait été émise par certains médecins mais l’Omerta avait été la plus forte. On prend en effet de gros risques, y compris physiques, à vouloir dénoncer les dégâts occasionnés par le productivisme de l’agro-industrie en Bretagne.

Après la mort de deux chiens, certifiée due aux algues vertes, la parole se libère. Conducteur de tractopelle, Maurice Brifault a décidé de sortir de son silence. En 1999, il s’est affalé sur son volant alors qu’il chargeait des camions d’algues vertes sur la plage de Saint-Michel-en-grèves. "Par chance, deux infirmières faisant du jogging m’ont vu et ont appelé les secours. Je suis resté cinq jours dans le coma."

Le médecin du travail ne reconnaîtra l’atteinte par les algues vertes mais lui conseillera quand même à porter un masque. Sa cabine est maintenant équipés d’une alerte sensible au gaz.

"Ceux qui s’abritent derrière une volonté de ne pas affoler les gens sont des irresponsables"

Le docteur Philippe, le médecin qui a soigné et sauvé Maurice Brifault, témoigne :

"Tout bleu, il avait tous les symptômes d’une intoxication au sulfure d’hygrogène. J’ai fait une déclaration à la Ddass qui a transmis au centre antipoison de Rennes. Celui-ci a fini, après mon insistance, à dire qu’il ne pouvait donner de conclusion".

Le docteur Claude Lesné, du CNRS, spécialiste des voies respiratoires, invité opar l’association, a été plus clair :

"Ceux qui s’abstiennent derrière une volonté de ne pas affoler les gens sont des irresponsables"

Ces algues, à l’évidence, laissent flotter un parfum de scandale de l’amiante ou de sang contaminé


lire aussi :

Des marées noires aux marées Vertes


Fiche toxicologique du sulfure d’hydrogène

éditée par l’INRS (Institut National de Recherche et de Sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles)

PDF - 477.5 ko
Fiche INRS H2S


Des vidéos pour aller plus loin


Les algues vertes sur Thalassa



La série continue

Un cheval meurt étouffé sur une plage

De la vase et des algues vertes, c’est sans doute le cocktail qui a étouffé un cheval, hier vers 16 h 30, sur la plage de Saint-Michel-en-Grève (Côtes-d’Armor).

Alors qu’il s’apprêtait à traverser l’embouchure du Roscoat, un ruisseau qui débouche sur la plage, le cavalier est descendu de son cheval. L’animal est alors tombé dans un trou de deux mètres. En voulant l’aider, l’homme s’est enlisé, perdant connaissance.

Deux voisins, Benoît Ropartz et Julien Jaouan, lui ont maintenu la tête hors de l’eau avant l’arrivée des secours. L’entreprise de ramassage d’algues vertes Gilles-Efflam a hissé le cavalier dans le godet du tractopelle.

Cet estivant parisien d’une trentaine d’années a été conduit, conscient, à l’hôpital de Lannion. Selon le vétérinaire, le cheval est mort « étouffé ».

Ouest-France


Mort d’un cheval. Les algues vertes en cause ?

source : Le Télégramme

Les algues vertes peuvent-elles être à l’origine du décès d’un cheval et du malaise de son cavalier, mardi dernier sur la plage de Saint-Michel-en- Grève(22) ? Les gendarmes ne le pensent pas, un médecin urgentiste si.

L’accident s’est produit mardi après-midi alors que le cheval, mené par la bride, entrait dans une zone mouvante à la traversée du Roscoat, petit ruisseau débouchant sur la plage de Saint-Michel-en-Grève. Le secteur est vaseux, la vase étant elle-même masquée par une couche d’algues plus ou moins épaisse selon les endroits. Le cheval a percé la croûte et s’est enlisé jusqu’au cou. Son cavalier, voulant le tirer de ce mauvais pas, s’est à son tour enfoncé jusqu’à la poitrine. Il a été secouru par l’entreprise de ramassage d’algues qui, témoin des faits, est arrivée à la rescousse avec sa fourche de levage. Pour les gendarmes intervenus sur les lieux, il n’y a pas de raison particulière de polémiquer. « C’est un enlisement, le cheval est mort étouffé dans la vase », estime, photos à l’appui, le commandant de compagnie Christophe Le Ruyet.

« Le cavalier sorti juste à temps »

Ce n’est pas l’avis du docteur Pierre Philippe. Médecin urgentiste à l’hôpital de Lannion, il est déjà intervenu, publiquement, pour dénoncer le danger d’asphyxie que présente l’amas d’algues en putréfaction. Il y a dix ans, il était de service quand a été amené à l’hôpital, un ouvrier travaillant au ramassage d’algues dans la baie de Plestin-les-Grèves lequel était tombé dans le coma. Le docteur Philippe n’était pas de garde mardi, mais apprenant ce qui venait de se produire, il est allé sur place. « Le cavalier a perdu connaissance en essayant de sortir son cheval du pétrin. Il ne doit son salut qu’au fait d’avoir été extrait à temps du magma », assure le médecin. Le cheval n’a pas eu cette chance, avance-t-il, car sa ventilation était accélérée par l’effort, ce qui lui aura fait inhaler davantage d’hydrogène sulfuré ».

Le cheval autopsié

Le docteur Philippe, de service le lendemain, a eu l’occasion d’examiner son patient après une nuit en observation à l’hôpital. « Cet homme de 27 ans ne présentait aucun problème antérieur de santé ». Le propriétaire du cheval a demandé une autopsie. Une requête qu’a aussi effectuée le docteur Philippe. À titre personnel ? « À titre de santé publique », répond-il, convaincu que le coma de son patient d’il y a dix ans, la mort de deux chiens l’an dernier sur la plage d’Hillion, le décès du cheval mardi et le malaise concomitant de son cavalier ne sont pas le fruit de coïncidences fortuites mais bel et bien les conséquences d’intoxications aux gaz.


Les algues vertes peuvent tuer : confirmation par l’INERIS.

Lire le rapport de l’INERIS

"Le principal composé mis en évidence, l’hydrogène sulfuré, est toxique par inhalation. A 1000 ppm, valeur observée localement sur le site, il peut être mortel en quelques minutes." (page 13 du rapport)



Algues vertes : la mort dissimulée d’un nettoyeur des plages

La mort d’un chauffeur de poids lourd transportant des algues vertes, le 22 juillet 2009, à Binic, dans les Côtes d’Armor relance le débat sur la toxicité des algues vertes. Cette mort n’a été révélée par une dépêche de l’AFP que le dimanche 5 septembre 2009, 15 jours après la visite de M. François Fillon à Saint-Michel en Grève le 20 août dernier, lors même que les autorités locales en étaient informées. L’affaire des algues vertes est désormais bel et bien une affaire d’Etat. La pollution de l’eau en Bretagne tue. Le gouvernement ne peut plus nier qu’un modèle agricole qui a échappé à tout contrôle menace désormais la vie des bretons.

Voir la suite sur le site de Marc Laimé


samedi 05 septembre 2009

Algues vertes : un décès suspect dans les Côtes-d’Armor

Ouest-France

Le 22 juillet, un ouvrier qui transportait des algues vertes est mort près de Binic. Crise cardiaque ? Intoxication ? Un élu régional, un chercheur et des associations s’interrogent.
SAINT-BRIEUC. –Est-ce la première victime humaine ? Il venait de vider un caisson d’algues vertes en état de décomposition à la déchetterie de Lantic (Côtes-d’Armor). C’était son troisième aller-retour de la journée. Dix minutes plus tard, un homme de 48 ans, domicilié à Lanvollon, salarié d’une entreprise de transport, avait été retrouvé mort, au pied de son camion, le 22 juillet, sur la route de Binic. Son camion avait fini sa course contre le mur d’une habitation.
Sur le coup, le décès avait été attribué à un malaise cardiaque. Mais aujourd’hui, certaines associations en lutte contre les algues vertes soupçonnent un lien de cause à effet avec son travail. André Ollivro, président de l’association « Halte aux marées vertes », se déclare « surpris » que cette affaire n’ait pas été révélée plus tôt. Lui est convaincu d’un lien entre le décès et le contact avec les algues vertes.

Sans protection, sans masque

« D’après les informations que j’ai pu collecter, cet agent les déchargeait à mains nues et sans protection : ni masque, ni détecteur d’hydrogène sulfuré », confie, lui aussi, Thierry Burlot, président du syndicat mixte de traitement des ordures de Lantic. Par ailleurs conseiller régional PS, il se dit « chamboulé par cette affaire ». Il n’a appris le décès de cet homme que le 20 août au soir, après la visite du Premier ministre, François Fillon, à Saint-Michel-en-Grêve. Joint hier, le préfet des Côtes-d’Armor, Jean-Louis Fargeas, affirme, lui aussi, qu’il n’était « pas encore au courant de ce décès » lors de la venue du chef du gouvernement.

Fin juillet, après la mort d’un cheval qui galopait sur la plage souillée, l’État avait officiellement reconnu la dangerosité des algues en putréfaction qui dégagent de l’hydrogène sulfuré. Sur les plages polluées, par endroits, la concentration avoisine les 1000 ppm (partie pour million). Au-delà de 500 ppm, la dose peut être mortelle.

Informé par les militants associatifs, le docteur Claude Lesné, chercheur au CNRS de Rennes, trouve « des coïncidences troublantes » dans les symptômes dont souffrait la victime. Sur la foi de ce que lui ont rapporté ces associations, Claude Lesné explique que la victime présentait un « œdème aigu du poumon, cyanose, conduisant à un arrêt cardiaque ». Claude Lesné a été l’un des premiers à incriminer la dangerosité des algues.

Dès le 21 août, le conseiller régional, Thierry Burlot a écrit au Préfet afin de porter cette affaire à sa connaissance. « J’ai, depuis, transmis le dossier au procureur de la République de Saint-Brieuc », révèle ce dernier, Jean-Louis Fargeas. Le parquet indique qu’aucune autopsie n’a été pratiquée.

Bruno ALVAREZ
et Jean-Yves HINAULT.


Voir FR3 Bretagne


Ouest-France

samedi 12 septembre 2009

Algues vertes : "J’ai vu mon cheval faire un arrêt cardiaque"

Vétérinaire de formation, aujourd’hui chercheur en virologie, Vincent Petit a failli perdre la vie le 28 juillet, vers 16 h, sur la plage de Saint-Michel-en-Grève. Son cheval est mort asphyxié. Il témoignait hier soir, à Douarnenez.

« Je suis Parisien, j’étais descendu en Bretagne pour un week-end de vacances, en emmenant mon cheval pour profiter de la grève à marée basse. Après une balade et des évolutions sur la plage de Saint-Michel-en-Grève que je connaissais, je suis descendu de cheval. Je l’ai conduit à la bride pour longer le bord de la plage et franchir le ruisseau du Roscoat. En approchant de cet endroit précis, que je n’avais encore jamais fréquenté, les antérieurs du cheval se sont enfoncés, il a glissé, m’entraînant avec lui. Je me suis retrouvé enlisé jusqu’au buste dans un mélange de vase et d’algues vertes. Au moins un mètre cinquante, mais je ne sais pas si j’étais au fond. Du cheval ont ne voyait plus que l’encolure, la selle et la croupe.

J’ai interpellé un ramasseur d’algues pour lui demander une corde qu’il n’avait pas à portée de main. J’ai alors vu mon cheval faire un arrêt respiratoire. C’est mon dernier souvenir de cet enchaînement infernal car j’ai alors moi-même perdu conscience. Je n’ai repris connaissance qu’une dizaine de minutes plus tard, avec une remontée de pente très difficile. Ce n’est qu’aux urgences de l’hôpital où les pompiers m’avaient conduit que j’ai, difficilement, pu tenir à nouveau debout.

Entre le moment où nous nous sommes approchés du Roscoat et ma perte de conscience, il ne s’est pas écoulé beaucoup plus de trente secondes. Tout va extraordinairement vite. Avant l’accident je me sentais parfaitement bien, aucun signe avant-coureur, pas de picotement de la gorge, pas de sensation d’étouffement ou de suffocation, pas d’odeur perceptible non plus comme celle de l’oeuf pourri. Mais je sais qu’à partir d’un certain seuil d’hydrogène sulfuré dans l’air, le nerf olfactif est paralysé et ne détecte donc rien. D’une certaine manière, le H2S agit comme du monoxyde de carbone. On ne perçoit rien. Mis a part de légers maux de tête dans la nuit qui a suivi, je n’ai pas eu de séquelles.

Mon cheval, Sir Glitter, 15 ans, un ancien cheval de course était en pleine forme physique et en très bonne santé. Il n’avait jamais eu d’antécédents respiratoires. À la demande de mon médecin, car nous étions en présence d’un syndrome d’intoxication dite collective, j’ai pratiqué, avec des vétérinaires de terrain, un examen de la dépouille de mon cheval.

Au vu des résultats, même si j’ai pris le temps de bien documenter scientifiquement mon cas, ma décision de porter plainte était prise. Elle a été déposée devant le pôle santé et environnement du parquet de Paris, une juridiction spécialisée. Je l’ai fait pour que mon affaire fasse école. Car, dans le passé, à de nombreuses reprises , des scientifiques ont tiré la sonnette d’alarme sur les dangers de l’hydrogène sulfuré émanant des algues vertes en décomposition.

Je témoigne aujourd’hui devant le public dans un but pédagogique, pour relater les circonstances précises et mettre en garde."

Recueilli par Jean-Laurent BRAS


Envoyé Spécial. L’algue tueuse.

Un reportage de Caroline Benarrosh et Guillaume Viart.

Le 28 juillet 2009, un cheval de 450 kilos s’englue dans un amas d’algues vertes sur une plage bretonne. Il meurt foudroyé en moins d’une minute. Son cavalier échappe à la mort de justesse. Ce fait divers déclenche le scandale des marées vertes, car cet incident n’est pas le premier dans les Côtes d’Armor. Chaque année, 80.000 tonnes d’algues vertes s’échouent sur une cinquantaine de plages bretonnes. Au départ inoffensives, elles deviennt dangereuses en séchant, lorsqu’elles dégagent un gaz contenant de l’hydrogène sulfuré. Ces algues ont-elles fait d’autres victimes ? Que risquent les simples promeneurs ? Pourquoi les pouvoirs publics ont-ils tant attendu avant de reconnaître les risques de ces algues ? Comment stopper cette prolifération, et par quels changements ? Enquête sur une algue qui peut se révéler mortelle.


La Bretagne en a ras les algues

Des milliers de tonnes d’algues vertes, nourries par les nitrates d’origine agricole, envahissent les côtes bretonnes et dégagent un gaz toxique. Un cheval en est mort fin juillet, provoquant l’ire des Bretons et des élus locaux, livrés à eux-même face à cette invasion.

(Libération)


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