Accueil > En Bretagne > Algues vertes. Tsunami le retour.

Algues vertes. Tsunami le retour.

dimanche 9 juillet 2017, par Gérard Borvon

L’ulve reine. On la croyait détrônée, ou en passe de l’être. Mais l’ulve au nom soyeux est autrement coriace, tenace. Il a suffi d’un coup de chaud, et la voici qui reprend ses quartiers, qui s’épaissit, qui recouvre nos baies exquises. Si ce n’était que l’oeil qui en souffrait, on se dirait, ma foi, que le local ou le touriste finira par s’habituer à patauger dans cette soupe tiède. Mais c’est le nez qui est menacé. Et la vie. Car l’ulve - autrement dit l’algue verte -, en pourrissant, dégage une odeur effroyable et mortelle, susceptible de tuer (elle l’a prouvé) animaux et hommes.

Hervé Hamon. Le Télégramme

Les autorités nous garantissaient qu’elles avaient mis le paquet, quelque cent millions, et qu’un deuxième plan préventif était en route. Elles certifiaient, pipette à la main, que les cours d’eau étaient en voie d’assainissement (progressif, car une terre gorgée d’effluents ne redevient pas saine en un décret). Las ! Cette année, l’algue chafouine a couvert dès le printemps des surfaces trois fois et demie plus importantes qu’en 2002. 50 à 70 % de plus que les sept années précédentes. Ce que l’association Halte aux marées vertes résume d’un mot terrible : tsunami.

Pour l’essentiel, on sait très bien d’où il vient, le tsunami. La Bretagne élève un tiers des poulets de France, et produit 58 % des cochons nationaux, soit 7,3 millions d’animaux. Un hectare breton reçoit entre 170 et 180 kg d’azote organique par an. Et, malgré la très réelle bonne volonté des uns, d’autres veulent des exploitations encore plus grandes et entendent pratiquer une agriculture encore plus intensive. Alors, je veux bien qu’on nous parle d’un coup de chaleur. Mais ce sont assurément ces tonnes de nitrates qui nous étouffent.