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Bio. 2016 Année record pour les installations et conversions.

jeudi 6 octobre 2016, par Gérard Borvon

Les installations et surtout les conversions de fermes en bio battent tous les records, cette année, en Bretagne. Un boom lié à l’évolution des mentalités, mais aussi aux tensions et aux crises du secteur conventionnel, notamment laitier.

Le Télégramme

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Elles représentent à peine 7 % des fermes bretonnes. Mais, depuis le début d’année, le nombre de fermes engagées en agriculture biologique a fait un bond de 10 % dans la région : 310 nouvelles fermes bio ont vu le jour au premier semestre, les deux tiers en conversion, le reste en installation. La progression n’est pas nouvelle mais elle est exponentielle : sur toute l’année 2015, 230 nouvelles fermes avaient été recensées, et 137 en 2014. Dans les Côtes-d’Armor, par exemple, pas moins de 70 fermes se sont engagées en bio depuis le début de l’année. « C’est autant que sur les trois dernières années, constate Yann Yobé, le président de la Maison de l’agriculture bio des Côtes-d’Armor. On avait déjà connu un pic en 2009, lors du passage aux normes bio européennes, qui s’était conjugué à une crise laitière. Là encore, c’est en grande partie dû à la crise laitière : un tiers des nouveaux sont des producteurs de lait. Le plus gros collecteur de lait bio du département reçoit un appel par jour de fermes voulant passer en bio. Il y a ceux qui sont déjà proches des pratiques et des valeurs du bio, et d’autres qui sont intéressés par un meilleur prix du lait, parce qu’ils ne s’en sortent pas dans l’agriculture conventionnelle », explique cet éleveur laitier installé à Saint-Alban, administrateur du groupement des agriculteurs bio (Gab d’Armor).

Produire moins, gagner autant

Des valeurs bio, peut-être, mais surtout une valeur, celle du produit, favoriseraient donc ce boom sans précédent. Il faut dire que la différence est flagrante : quand 1.000 litres de lait « conventionnel » sont payés 290 € au producteur par les grandes centrales, le lait bio, lui, vaut 465 € les 1.000 litres. Le producteur bio produit certes moins, mais il s’y retrouve. En témoigne Patrice Hamoniaux, éleveur laitier installé depuis 1992 à Créhen (22), et qui a sauté le pas de la conversion bio en mars dernier. « Avant, je produisais 500.000 litres de lait par an pour la laiterie de Créhen, la LNA. En passant au bio, je vais diminuer ma production jusqu’à 350.000 litres, mais ils seront mieux valorisés, je ne gagnerai pas moins d’argent. Je compte même embaucher un salarié, ce qui me permettra de ne pas bosser sept jours sur sept », sourit le nouveau converti. À ses côtés, sa femme Nadia semble ravie. « C’est un ensemble, une éthique que l’on est content d’avoir adopté. Il faut apprivoiser ses craintes mais les formations et les échanges aident beaucoup ».

Dix nouvelles formations

Justement, le Gab d’Armor accompagne ce boom en proposant pas moins de 40 formations, dont dix nouvelles en 2016, sur tous les types de bio. Le tout dans une « approche collective » favorisant l’échange entre agriculteurs. Yann Yobé avise les intéressés : « Il faut se former et ne pas partir tout seul ».

Le Télégramme


Voir :

RESPIRER TUE. Un livre pour s’informer et agir contre la pollution de l’air.

Voir en particulier le dernier chapitre consacré à l’agriculture biologique.