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Les algues vertes envahissent Oudin.

dimanche 8 novembre 2009, par Gérard Borvon

Les algues vertes envahissent Noirmoutier.

La faute aux Bretons, aux Vendéens et aux Pays de Loire déclare le conseiller général du coin, Jacques Oudin, qui oublie les cadeaux faits par lui même aux pollueurs sous ses multiples casquettes (Sénat, Cercle français de l’eau, Comité national de l’eau, Comité de bassin Loire-Bretagne... ).

Une idée à lui suggérer : 1% des indemnités des parlementaires, ministres, préfets... responsables de ce désastre... pour ramasser les algues à Noirmoutier et les ramener devant l’Elysée, le Sénat, le Parlement, les préfectures..


“Les algues ont envahi l’île de Noirmoutier”

“Les algues ont envahi l’île de Noirmoutier” titrait le Journal Ouest-France le 7 septembre dernier. Interrogé
sur les causes de ces échouages massifs, le conseiller général Jacques Oudin propose que les études
se concentrent sur les causes extérieures à l’île.

Pourtant le bilan de l’observatoire de l’eau (1995-2004) indique
que : “Les étiers du Moulin et de Ribandon, situés sur l’Ile de Noirmoutier, présentent les plus
fortes concentrations en nitrate et en phosphate de la baie de Bourgneuf. Cette situation est surprenante
puisque leurs bassins versants sont très petits... ils constituent les deux points “noirs” du
bassin versant de la baie de Bourgneuf.”

L’affaire est révélée par "Vivre l’île 12 sur 12", association de protection de l’environnement qui demande au conseiller général Jacques Oudin de bien vouloir regarder près de chez lui :

"La perception et la compréhension du phénomène
Fermement campé dans la position de victime et de défenseur
de la cause insulaire, notre conseiller général commentait en
septembre dans la presse locale ce phénomène d’échouages
massifs d’algues en pointant du doigt des causes lointaines :

“J’ai écrit au Préfet dès le début du mois d’août que des déversements
massifs de nitrates et de phosphates émanant du
flux de l’estuaire de la Loire, avec les urbanisations de Nantes
et Saint-Nazaire mais aussi les rejets des zones de maraîchage
et des zones d’élevage intensif du bocage vendéen
transportés par la Sèvre Nantaise. Mais un flux complémentaire
est à ne pas négliger, celui de l’embouchure de la Vilaine.
Ces flux sont poussés par les courants sur l’Ouest de
notre côte, avec des conséquences catastrophiques cette
année.”

Même si l’hypothèse explicative des causes du phénomène
semble convaincante, on comprend implicitement que les études
éventuelles sont aimablement invitées à ne pas s’attarder
sur d’éventuelles causes locales.

Et l’association de mettre le nez de Oudin dans les algues pourrissantes.

Le contexte local :

Depuis de nombreuses années, différents signaux d’alerte indiquent
avec insistance une dégradation de la qualité des
eaux littorales insulaires.

Les interdictions de pêche à pied pour cause de contamination
bactériologique sur différents sites du littoral Nord de l’île
comme Fort Larron sont devenues habituelles.

Dès 1999, une étude sur les vases portuaires réalisée par
IFREMER notait une importante contamination bactériologique
sur l’étier de Ribandon (s’écoulant dans la baie du port de
Noirmoutier à travers la jetée Jacobsen) et appelait à des actions
correctives en amont de ces contaminations.
Plusieurs sources insulaires possibles d’effluents :

- Les rejets insuffisamment épurés de stations d’épuration.

- Les rejets d’eaux usées hors assainissement.

- Les rejets pluviaux aboutissant dans les étiers par des
exutoires (étier du Moulin principalement) ou en mer et provenant
du bassin versant agricole, fort consommateur d’engrais
sous forme organique ou minérale (azote - phosphore - potassium).

- Les impacts diffus de l’activité portuaire (port de l’Herbaudière,
port du Morin, port-étier de Noirmoutier).

Bilan des eaux saumâtres et marines de l’Observatoire
de la Baie de Bourgneuf de 1995 à 2004

Le bilan de la qualité physico-chimique des eaux saumâtres et
marines a permis d’identifier différentes altérations des eaux
provenant des bassins versants. Le suivi est réalisé à marée
basse lors de périodes pluvieuses.

Pour l’île de Noirmoutier, 4
points de mesures sur les étiers du Moulin, des Coëfs, de Ribandon
et de l’Arceau sont suivis 4 à 6 fois par an.
Il y est précisé que :

“Les eaux des bassins versants se rejetant en baie apportent
en période hivernale des quantités non négligeables de nitrates
et de phosphates provenant du lessivage des sols. Les
étiers du Moulin et de Ribandon, situés sur l’Ile de Noirmoutier,
présentent les plus fortes concentrations en nitrate de la
baie de Bourgneuf. Cette situation est surprenante puisque
leurs bassins versants sont très petits... Pour l’étier du Moulin,
les nitrates sont probablement issus de la culture de la
pomme de terre. Les concentrations en phosphates les plus
élevées du bassin versant de la baie de Bourgneuf se retrouvent
encore une fois sur les étiers du Moulin et de Ribandon.
Cette contamination serait d’origine domestique”.

Le rédacteur du bilan ignore visiblement l’utilisation de phosphate
en engrais agricole.

Les rejets pluviaux du bassin versant agricole de la plaine de
Barbâtre pourraient aussi contribuer aux fortes concentrations
en nutriments relevées au Sud de la baie.

Ainsi le bilan précise que ces rejets influent sur la qualité des
eaux de la baie et mentionne que :
“l’étude des eaux marines permet de constater, en forte période
hydrologique une augmentation des nutriments de“L’algue verte” Ulva armoricana de l’entrée, où les éléments minéraux sont dilués, vers le fond de la
baie, où les apports des étiers entrainent une concentration
de ces éléments. Toutefois la force et la direction du vent ont
une forte influence sur le transfert des éléments minéraux en
mer.”

N’en déplaise à notre conseiller général, présumé bon connaisseur
de la situation de l’eau en Baie de Bourgneuf
(Président de la Commission Locale de l’Eau de 1997 à 2009
et Président de l’Association pour le développement du bassin
versant de la baie de Bourgneuf), la conclusion du rapport est
claire :

“ Sur l’île de Noirmoutier, les étiers du Moulin et du Ribandon
se rejetant dans le vieux port de Noirmoutier sont très
altérés par les nitrates et les phosphates et constituent les
deux points « noirs » du bassin versant de la baie de
Bourgneuf.”

La très forte “sensibilité” de ce dossier pour l’image de qualité
du site touristique et pour les activités primaires dépendantes
de la qualité de l’eau explique sans doute en grande partie la
censure ou l’autocensure de la réflexion insulaire à ce sujet.
Les élus soucieux d’un développement économique insulaire
durable se doivent pourtant d’imposer à toutes les activités
polluantes, dont l’agriculture, une évaluation de leur
impact sur les milieux naturels et les eaux littorales, notre
principale richesse collective.

S’il est politiquement logique que certains élus ne veuillent
pas fâcher leurs électeurs, négligeant délibérément les apports
insulaires en baie de nitrates et de phosphates, on ne
peut nier ces apports et il nous est permis de nous interroger
sur la part des activités insulaires dans les phénomènes d’eutrophisation
de nos eaux littorales.

Des Iliens politiquement incorrects !

Comment ces iliens osent-ils s’attaquer à une homme qui a le monde pour terrain d’action.

L’ambassadeur de l’eau Oudin parcourt la Planète aux frais du consommateur pour faire la promotion de sa loi 1% et y faire le commis voyageur des lobbies français de l’eau, et on voudrait, en plus, qu’il s’occupe de Noirmoutier ?