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Contrôle des puits et forages privés : les lobbies encore gagnants.

lundi 7 juillet 2008, par Gérard Borvon

L’absence de règlementation concernant les forages est un véritable scandale en France. Chacun est libre de se servir dans un bien qui est commun et de le polluer à sa guise.

Un décret publié au Journal officiel le 2 juillet 2008 vient de préciser les obligations de déclaration et de contrôle de ces opérations.

Mais attention, ne pas se réjouir trop vite !


Un scandale ancien.

En France les eaux souterraines appartiennent à qui veut bien aller les pomper.

C’est ainsi que les gros élevages porcins vont pouvoir aller chercher dans le sol une eau de bonne qualité après que leur activité ait pollué l’eau de surface devenue impropre à la consommation de leurs porcelets. Et surtout une eau gratuite quand le prix de l’eau du robinet ne cesse d’augmenter (en particulier à cause des traitements obligatoires générés par la pollution issue de leur activité).

C’est ainsi que les producteurs de maïs du sud-ouest assèchent la nappe qui alimente les agglomérations environnantes causant une grave pénurie d’eau dans les périodes estivales.

C’est ainsi que de grosses usines agro-alimentaires utilisent à bon compte un bien commun tout en le détruisant par les épandages de leur effluents chargés de polluants dans les champs environnants.

Les associations de protection de l’environnement n’ont jamais cessé de dénoncer ce scandale. Ont-elles été enfin entendues ?

Encore une fois, le pollué sera le payeur.

Hélas, le décret publié au Journal officiel le 2 juillet 2008 et qui vient de préciser les obligations de déclaration et de contrôle des puits et forages, ne concerne que " l’eau destinée à un usage domestique au sens de l’article R. 214-5 du code de l’environnement" . C’est à dire celle que, depuis longtemps, certaines familles rurales utilisaient quand la canalisation d’eau municipale n’arrivait pas jusqu’à elles et qu’elles utilisent toujours pour certains usages. Ou encore ces nouvelles installations, en milieu urbain pavillonnaire, qui répondent à la fois aux campagnes pour économiser l’eau potable et à la volonté de payer moins cher.

Naturellement ce "contrôle" ne sera pas gratuit et sera le plus souvent délégué au fermier en charge de l’eau et de l’assainissement.

On s’attaque donc uniquement au "pollué-payeur". Celui dont l’eau du robinet est parfois rendue imbuvable par les pollutions agricoles et qui, cependant, paie déjà 85% des redevances pollution.

Soyons clairs. Oui il faut contrôler tous les captages d’eau souterraine. Mais d’abord en commençant par ceux qui sont les gros préleveurs et les gros pollueurs !


remarque en passant :

Certain qui pourraient y trouver leur compte, ce sont les lobbies de l’eau et de l’assainissement, les Véolia, Lyonnaise, SAUR... Déjà le contrôle des SPANC leur est souvent affermé. Les contrôles des forages et bientôt des eaux pluviales raccordées puis des eaux pluviales récupérées pourraient venir arrondir leur cagnotte.


voir aussi l’article de Marc Laimé