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Landivisiau. La centrale de la honte !

dimanche 23 octobre 2022, par Gérard Borvon

Un article dans le journal le Télégramme nous fait savoir que la totalité des élus initiateurs du projet de la centrale à gaz de Landivisau, Jean-Yves Le Drain le premier, ont déserté son inauguration.

De ces absences l’histoire retiendra que la centrale climaticide de Total à Landivisiau est "la centrale de la honte".

À Landivisiau, concours de mots d’excuses pour l’inauguration de la centrale.

Lors de l’inauguration de la centrale au gaz de Landivisiau, seuls les élus locaux étaient présents pour couper le ruban symbolique aux côtés de TotalEnergies. (Le Télégramme/Monique Kéromnès)

La centrale de Landivisiau a été inaugurée, ce jeudi 20 octobre. Mais de nombreux élus et représentants de l’État avaient décliné l’invitation de TotalEnergies. Officiellement pour cause d’agendas déjà chargés. Leur absence interroge.

On ne s’est pas bousculé, à la centrale de Landivisiau, pour poser sur la photo aux côtés de TotalEnergies… Pourtant, inauguration officielle oblige, tous les élus et les autorités avaient été invités, ce jeudi 20 octobre. Mais presque tous étaient absents. À commencer par la ministre de la Transition écologique, Agnès Pannier-Runacher, qui était « à Bruxelles, avec Emmanuel Macron ». Elle n’a pas été représentée. Le préfet du Finistère, Philippe Mahé, « avait autre chose à l’agenda ». Même chose pour la sous-préfète de Morlaix, Élisabeth Sevenier-Muller. Le président de la région Bretagne, Loïg Chesnais-Girard, était « pris sur la conférence jeunesse, il devait être représenté par un autre élu qui a eu un empêchement. Personne n’a pu le remplacer à la dernière minute ». Personne non plus pour représenter le conseil départemental du Finistère mais il y avait séance plénière à laquelle les élus se doivent d’être présents. Quant à la députée Graziella Melchior, prise « pour un travail en commission à l’Assemblée », elle était représentée par sa collaboratrice. Autre absent de taille, Jean-Yves Le Drian, ancien président de Région, qui a lancé le projet, et ancien ministre, « pris sur un autre engagement ». Il sera finalement apparu… en vidéo, pour la cérémonie.

Peut-être que c’était à cause de TotalEnergies ? Peut-être à cause des grèves dans les raffineries et les problèmes de carburant ? Mais ça n’a rien à voir !


La centrale citée par Emmanuel Macron

Tous auraient, pourtant, largement eu leur place sur la photo. Parce que c’est un projet lancé par la Région Bretagne, en 2010, dans le cadre du Pacte électrique breton. Parce que c’est l’État qui a validé le projet de Direct Énergie devenu TotalEnergies. Parce que la centrale a mis plus de dix ans à sortir de terre, avec les aléas qu’on sait. Et que depuis sa mise en service - qu’on la cautionne ou pas - elle tourne quasiment 24 heures/24. L’outil a même été cité deux fois par Emmanuel Macron ces dernières semaines, alors qu’il s’exprimait sur la crise énergétique.

Le manque de motivation pour inscrire comme priorité aux agendas l’inauguration de ce projet breton majeur interroge. D’autant qu’on sait que, en temps normal, les élus ne manquent jamais une occasion de poser en photo ou de couper un ruban.

La maire de Landivisiau « en colère »

Les élus locaux, emmenés par Henri Billon, président de la communauté de communes du Pays de Landivisiau, étaient bien là, eux. Et, évidemment, Laurence Claisse, maire de la ville, qui avoue sa « colère » : « J’espère avoir un jour l’explication officielle. Peut-être que c’était à cause de TotalEnergies ? Peut-être à cause des grèves dans les raffineries et les problèmes de carburant ? Mais ça n’a rien à voir ! Ça ne devait pas entrer en ligne de compte, surtout après les années difficiles qu’on a vécues ici… »

Le communiqué de S-eau-S.

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