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Bretagne. Agribashing ou écolobashing ?

vendredi 3 juillet 2020, par Gérard Borvon

3 juillet 2020. La préfète d’Ille-et-Vilaine Michèle Kirry vient de mettre en place un observatoire départemental contre l’agribashing afin de recenser toutes les incivilités commises à l’encontre des agriculteurs et industriels de l’agroalimentaire.(Ouest-France)

La mesure a d’abord pour but de museler tous ceux et toutes celles qui oseraient critiquer le modèle agricole breton. En Bretagne, loin des "incivilités" on se souvient surtout des actions musclées des tenants de l’agro-industrie contre les écologistes qui se contentaient de dénoncer, très pacifiquement, la détérioration de l’environnement par nitrates et pesticides.

Pour mémoire, cet article du Télégramme.

Colère agricole. Eau et Rivières visée

Les représentants brestois de l’association de défense de l’environnement Eau et Rivières ont découvert, hier matin, leurs locaux dévastés. Un message visant l’ancien porte-parole des Verts, Gérard Borvon, figurait sur un mur extérieur. (Photos Pascal Omnès)

Dans la nuit de lundi à mardi, les locaux brestois de l’association Eau et Rivières ont été forcés et vandalisés. Des menaces de mort visant Gérard Borvon, ancien porte-parole des Verts, ont été taguées sur un mur, ainsi que sur deux giratoires, à Landerneau. Ces déprédations ont eu lieu peu après la dispersion de deux manifestations agricoles (lire ci-dessous).

Vitre cassée, photocopieuse renversée, livres et tracts éparpillés autour d’étagères renversées, tags plus qu’explicites : « On aura ta peau Borvon »... Après Guingamp (22), dans la nuit de vendredi à samedi, c’est au tour du local brestois d’Eau et Rivières d’être pris pour cible. « Déplorable », commentait, hier, l’association, qui tout comme l’ancien porte-parole des Verts Bretagne, Gérard Borvon, a déposé plainte, soupçonnant des agriculteurs d’avoir commis ces dégradations.

Elle regrette que les leaders syndicaux agricoles « aient attisé un peu les haines dans leurs interventions médiatiques. Ces lobbys ont tellement bloqué le processus de l’État qu’ils se retrouvent au pied du mur et laissent des gens désorientés se tourner vers le lampiste du coin ». Rappelons que le contexte est celui de la directive de 1975 qui impose de respecter un taux de 50 mg de nitrates par litre dans les captages d’eau. À plusieurs reprises, Eau et Rivières avait interpellé les instances européennes pour dénoncer sa non-application. L’ État, mis en demeure, a récemment convoqué les élus et les syndicats pour annoncer des mesures drastiques, comme le rabaissement du taux autorisé de fertilisation azotée, ramené de 210 à 140 kg.

Voir aussi : Guerre de l’eau en Bretagne : la chasse à « l’écol-eau » est ouverte.


la suite sur : https://www.eau-et-rivieres.org/stop-cellule-agribashing-demeter