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C’était il y a 20 ans : S-eau-S, l’eau en danger.

S-eau-S : Gérard Borvon signe son premier livre

mardi 9 novembre 2021, par Gérard

On connaissait les comités « S-eau-S » qui ont éclos en Bretagne pour protester contre les dangers encourus par l’eau. Sous la plume de Gérard Borvon, « S-eau-S » devient le titre d’un livre, véritable compilation de tous les problèmes liés à cette source d’approvisionnement. En 180 pages, le porte-parole régional des Verts de Bretagne témoigne, alerte, analyse et espère.

Le Télégramme

Avec 50 % des captages dépassant les 50 mg/l de nitrates et le retour des algues vertes sur les plages chaque été, la cote d’alerte est largement dépassée ». D’emblée, le résumé de l’ouvrage donne le ton employé par l’auteur qui a entrepris de raconter son expérience sur le terrain et d’expliquer comment le « modèle » agricole breton a engendré de profonds bouleversements. « Nitrates mais aussi pesticides, métaux lourds : tous les clignotants sont au rouge », constate Gérard Borvon. « On me pressait » « Depuis plusieurs années, je constitue des dossiers, je collectionne des coupures de presse, je me rends sur les sites. On me tannait de faire une synthèse surtout depuis que je siège au comité national de l’eau et à l’agence de l’eau Loire-Bretagne. Plutôt que de rédiger un fascicule à l’intention des militants écologistes, je me suis décidé à faire un livre », souligne l’auteur. Gérard Borvon n’a eu aucun mal à trouver un éditeur. Branchées sur les problèmes de société, les éditions Golias de Lyon ont tout de suite accepté son manuscrit.


Une expérience profitable

« Des gens de Normandie m’ont déjà téléphoné pour me dire : tu nous donnes le mode d’emploi de ce qui peut nous arriver. Tu nous apprends aussi à nous défendre », commente Gérard Borvon. Son but est, en effet, que l’expérience bretonne soit utile à tous ceux qui sont menacés par le même problème. Il cherche aussi à donner des clés pour résister à l’emprise des différents lobbies qui imposent leur stratégie de monopole et d’argent. « La loi sur l’eau est en chantier. Elle sortira après les élections municipales. Un de ses volets sera de rendre la facturation de l’eau plus équitable. A Landerneau, on se trouve en première ligne. L’eau y est chère car la CEO n’y va pas avec le dos de la cuillère. Cet exemple méritait d’être mis en évidence », assure le conseiller municipal.

La critique d’un système

Et c’est toujours dans un style narratif qu’il critique un système sans régler personnellement ses comptes, qu’il prend plaisir à citer des gens qui militent pour la reconquête de la qualité de l’eau, qu’il rappelle des mythes d’antan comme celui des fontaines. L’enseignant s’efforce aussi d’apporter des éléments de réponse sur les effets des nitrates et des pesticides. Il détaille ce qu’il appelle « les surprises d’une enquête publique » sur une installation classée. « Il me paraissait important de dire « pourquoi et comment ça ne marche pas ».

Optimiste malgré tout

Pour Gérard Borvon, « du poison coule au robinet ». Pourtant, il sait que subsiste en Bretagne une agriculture faite par des paysans respectueux de leur métier. « On ne les a pas assez soutenus, c’est tout ». Il reste persuadé que des solutions existent. « Il faudra les mettre en oeuvre car nous n’avons pas le choix : l’eau est problème mondial ». Dès lors, à ses yeux, « le combat pour l’eau pure est un des aspects de la construction d’un monde plus solidaire ».

Voir : S-eau-S, l’eau en danger