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Froid en Bretagne. Des réserves de courant électrique à Dirinon, Brennilis et Cordemais. Pas besoin de centrale à gaz à Landivisiau.

mercredi 18 janvier 2017, par Gérard Borvon

Froid. Le courant devrait passer en Bretagne

Malgré les températures négatives annoncées ces prochains jours et les pics prévus de consommation électrique, le risque de coupures de courant reste minime en Bretagne.

Le Télégramme, 18.01.2017

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Sauf événement exceptionnel, la Bretagne devrait passer sans problèmes majeurs les pics prévus de consommation électrique des jours prochains. Si nécessaire, les centrales à combustion de Brennilis et Dirinon (29) peuvent être mises en production.

Avec un écart négatif de 6 ºc prévu, notamment demain, par rapport aux normales saisonnières, la consommation électrique va atteindre des pics. Chaque degré en moins, c’est 2.400 mégawatts (MW) de consommation supplémentaire, soit l’équivalent d’une ville comme Marseille ou Lyon. Même si la Bretagne produit désormais 15 % de l’électricité qu’elle consomme - contre 8 % en 2008 au moment du lancement du pacte électrique breton -, la région doit essentiellement compter sur les centrales nucléaires du Val-de-Loire pour son approvisionnement. On est donc avant tout, comme on le souligne à RTE (Réseau de transport d’électricité), dans une problématique nationale.

Cordemais, la quatrième tranche mobilisable

Mais, en cas de besoin, la Bretagne et l’Ouest disposent de moyens qui lui permettent d’ajuster la production aux fluctuations de la demande.

Le plus important de ces moyens, c’est la centrale thermique de Cordemais (44). Trois de ses quatre groupes (deux au fioul et deux au charbon) sont actuellement en fonctionnement. Le quatrième, l’un des deux au charbon, est immédiatement mobilisable sur le réseau si nécessaire : les essais dont il fait l’objet dans le cadre d’une requalification ont été interrompus pour, justement, permettre son utilisation. « Si RTE nous le demande, nous sommes en capacité de mettre cette unité en production », précisait-on, hier, à Cordemais. À pleine puissance, la centrale produit 2.600 MW dont 700 MW pour chacune des deux unités au fioul et 600 pour celles au charbon.

Les TAC de Dirinon et Brennilis prêtes à fonctionner.

Pour faire face aux pics de consommation, la pointe bretonne est par ailleurs équipée de turbines à combustion (TAC) au fioul de Dirinon et de Brennilis.

Le site de Dirinon comprend deux unités, de 85 MW chacune. Brennilis en compte trois : deux de 85 MW et une plus récente de 125 MW. Ces TAC ne fonctionnent que quelques heures par an, en cas uniquement « d’extrême pointe ». L’an dernier, par exemple, Dirinon n’a été utilisée que 77 heures.

À l’arrêt pour l’instant, elles sont prêtes à démarrer à tout moment si besoin. Il est même fort probable qu’elles soient utilisées demain et vendredi. Elles peuvent être mises en route en une vingtaine de minutes.

Les deux unités de Dirinon représentent la consommation de l’équivalent d’une ville de 170.000 habitants comme Le Havre ou Saint-Étienne. Les trois unités de Brennilis, c’est l’équivalent d’une ville comme Nantes (285.000 habitants).

Peu de risques de coupures

Sauf événement exceptionnel, les risques de coupures à l’occasion de cette vague de froid annoncée sont très faibles.

Un certain nombre de mesures peuvent être mises en oeuvre dans un premier temps, à commencer par la diffusion d’alerte via l’application Éco2mix (*). Alertes invitant les usagers à réduire leur consommation qui seraient relayées en Bretagne par Ecowatt. Il pourrait aussi être demandé à certaines grosses entreprises sous contrat avec RTE d’interrompre leur production. 21 sites très consommateurs d’électricité sont concernés par cette éventualité. Aucun n’est situé en Bretagne. Enfin, il pourrait être procédé à une baisse de tension de 5 %. « C’est sans conséquences significatives sur les appareils mais ça permet de gagner des mégawatts », explique-t-on à RTE.

* Cette application permet, notamment, de suivre en temps réel la production et la consommation d’électricité.

Le Télégramme


Voir encore :

Turbines à combustion de Dirinon et Brennilis. Les pompiers du réseau.

Vague de froid - La Centrale de Cordemais se mobilise !

Voir en particulier la vidéo