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Brest. Lundis de la santé. Qualité de l’air et maladies respiratoires en question.

jeudi 23 février 2017, par Gérard Borvon

Le Lundi de la santé du 27 février 2017 sera consacré à la qualité de l’air et aux maladies respiratoires, avec la participation du Pr Jean-Dominique Dewitte, pneumologue, une spécialiste de Brest métropole et une personne de la Mutualité.

« Contrairement à une idée reçue, l’air à Brest n’est pas aussi bon qu’on ne pense. On imagine que les vents d’ouest nous protègent, mais on a vécu, dernièrement encore, des épisodes de pollution où les normes ont été dépassées », souligne le Pr Jean-Dominique Dewitte, chef du service de pathologies professionnelles du CHRU de Brest, invité du prochain Lundi de la santé, consacré à la qualité de l’air et aux maladies respiratoires.

Pas seulement les poumons

« Le poumon est le premier organe, avec la peau, à être le plus en contact avec la pollution, les maladies respiratoires sont les premières à se manifester, mais la pollution joue aussi sur les maladies cardio-vasculaires ». Parmi ces maladies respiratoires, l’asthme est un excellent témoin de la qualité de l’air. Une dégradation est aussitôt ressentie par les personnes asthmatiques. En France, 42.000 décès prématurés par an sont attribués à la pollution de l’air.(voir) « Il y a plus d’asthme en Bretagne qu’ailleurs. Lundi, nous ne parlerons que de l’air extérieur, mais l’air intérieur a aussi ses polluants.

Et la ville n’est pas seule concernée, la qualité de l’air n’est pas forcément meilleure en Centre-Bretagne. Les épandages sentent mauvais, mais ils relâchent aussi dans l’atmosphère de l’hydrogène sulfuré et de l’ammoniac ». Les conseils en cas de pic de pollution sont, pour les personnes les plus fragiles (enfants, personnes âgées ou atteintes de maladies respiratoires), de sortir le moins possible et, surtout, de ne pas faire d’effort à l’extérieur.

« Faire un effort augmente la quantité d’air et de polluants au contact des poumons. On connaît les conséquences de l’inhalation des particules fines, mais maintenant on s’intéresse aussi aux particules ultra-fines, qui vont pénétrer profondément dans les alvéoles pulmonaires et dans le sang ensuite ».

À Brest, trois stations gérées par l’association Air Breizh surveillent la qualité de l’air depuis 2000 : les particules fines, l’ozone, le dioxyde de soufre et le dioxyde d’azote.


Forte pollution de l’air par les PM2,5 mesurée à l’école Jean-Macé (cliquer sur l’image pour agrandir)

Le problème est que les alertes ne sont données que quand les taux en PM10 sont trop élevés. Or ce sont les PM2,5 qui sont les plus nocives et leur taux est souvent très élevé(ici indice 120) quand le taux des PM10 reste en dessous de la limite d’alerte (ici indice 48).


Trois à quatre pics par an

« Nous avons entre trois et quatre pics de pollution par an, ce qui donne une dizaine de jours de façon assez constante. Le dernier épisode en janvier a duré cinq jours, c’était lié aux conditions météo : l’anticyclone, le froid et l’absence de vent », explique Michelle Gouédic, de la direction écologie urbaine de Brest métropole. Le trafic routier, mais aussi le chauffage et même les feux de cheminée sont responsables de ces pics. La Bretagne reste dans les régions les moins touchées. « À Brest, on note une tendance à la baisse. Elle est faible, mais elle existe depuis 2010. Cela met en lumière l’intérêt de continuer à inciter à prendre les transports en commun, dont la fréquentation a bondi depuis 2010 », ajoute Michelle Gouédic.

Pratique
Lundi de la santé, le 27 février, de 18 h 30 à 20 h, amphi de la faculté de droit, 12, rue de Kergoat. Tél. 02.98.00.80.80. Traduction en langue des signes.

Le Télégramme



RESPIRER TUE. Un livre pour s’informer et agir contre la pollution de l’air.

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