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Pollution de l’eau. En voilà assez ! Goulven Brest, président du Comité National de la Conchyliculture démissionne.

vendredi 1er février 2013

Coup de gueule du président du Comité national de la conchyliculture. Dans un courrier qu’il vient d’adresser au ministre délégué aux Transport, à la Mer et à la Pêche, Frédéric Cuvillier, Goulven Bret fait part de son de son amertume.


Ouest-France 01.02.2013

Conchyliculture : le président du Comité national Goulven Brest démissionne.


Cliquez ici pour lire l’intégralité de la lettre qu’il a expédiée le 28 janvier.

« Ce choix est motivé par le fait que je considère ne plus avoir la capacité de mener à bien les actions nécessaires à la défense des intérêts de la conchyliculture... » Goulven Brest explique ainsi sa démission de la présidence du Comité national de la conchyliculture dans une lettre adressée à Frédéric Cuvillier, le 28 janvier. Une présidence de quinze années qui lui laissent « un goût amer de défaite et d’insuccès tant de nombreux sujets n’ont pu être traités correctement ».

Exemple : « Je constate n’avoir pas réussi à faire prendre en compte par l’État la nécessité de mettre en oeuvre une politique forte et efficace de reconquête de la qualité des eaux dans les secteurs amonts proches de zones de production conchylicole ou de gisements coquilliers. »

Malgré de grandes annonces politiciennes, poursuit Goulven Brest, « l’État a même réussi à ne pas afficher comme priorité cet objectif de reconquête, fondamental pour nos activités et ô combien important sur le plan de la santé publique ».

Selon lui, « cette politique apparaît résulter du manque de moyens ministériels dont s’est, de tout temps, doté l’État pour traiter des sujets conchylicole. En effet, au sein de la Direction des pêches maritimes et de l’aquaculture, les effectifs du Bureau de la conchyliculture et, ironie du sort, de l’environnement se comptent sur les doigts d’une main, si l’on considère qu’ils sont affectés à plein-temps aux objets de l’intitulé que porte ce Bureau ».

Autre sujet sensible, celui du rôle d’Ifremer. Goulven Brest déplore « que la recherche nous engage depuis trop longtemps sur des chemins qui ont pour effet insidieux la déstructuration des atouts qui caractérisent encore les cultures marines françaises, aussi bien au niveau structurel que de la qualité de nos productions ».

En ligne de mire, la mise en oeuvre d’huîtres triploïdes contre lesquelles la majorité de la profession réclame un moratoire. « Sur ce sujet, force est de constater que malgré de nombreuses mises en garde et le développement de certains signes inquiétants, les services de l’État et les experts scientifiques font part d’une effarante indifférence », dit-il.

«  En voilà assez ! C’est avec des sentiments d’exaspération, de saturation et une certaine désespérance que je quitte mon mandat et refuse de continuer à cautionner ce cheminement que je juge dévastateur », conclut-il. La démission de Goulven Brest prendra effet lors du prochain conseil du CNC qui doit se tenir le 19 juin. Il est actuellement à mi-mandat (il a été réélu en juin 2010).