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Le jour où l’électricité est arrivée à Landerneau.(2)

dimanche 19 juin 2011, par Gérard Borvon

Conférence donnée à Landerneau le samedi 18 juin 2011 à l’occasion de la journée du patrimoine (l’appel à témoins).

Diapositives présentées et résumé de l’exposé.

Première mise en ligne 20 juin 2011.

En avril de 1914, le maire de landerneau, Gaston de L’Hôpital, reçoit une lettre qui a dû l’intéresser sans vraiment lui faire plaisir. Elle lui est adressée par la "Compagnie d’électricité de Brest et Extension" qui lui propose de doter la ville d’un éclairage électrique.

Celle-ci fait fonctionner une usine électrique à Poullic-al-Lor depuis 1911. Elle avait d’ailleurs fait la même proposition sans succès dès 1912. Ce qui pouvait irriter le maire était la mention qui était faite du retard de la ville par rapport à ses voisines plus petites.

Parmi les villes citées il faut noter Châteaulin qui se glorifie d’être la troisième ville de France à s’être équipée de l’éclairage électrique.

Pour situer cette précocité il faut signaler une évènement à l’origine de la diffusion de l’éclairage électrique en France : l’exposition internationale de 1881.
Les expositions internationales sont fréquentes dans la deuxième moitié du 19ème siècle mais c’est la première fois qu’une exposition est consacrée à l’électricité. C’est dire l’importance accordée à cette nouvelle technique.

Cette exposition se double du premier congrès international des "électriciens". Au programme la définition des unités électriques. Tout le "landerneau" des ingénieurs et chercheurs s’y retrouve, y compris les allemands qui ont reçu une autorisation spéciale de leur gouvernement pour se rendre chez le récent ennemi de la guerre de 1870.

Le choix est consensuel :

-  Un français : Ampère pour l’intensité.
-  Un italien : Volta pour la différence de potentiel.
-  Un allemand : Ohm pour la résistance.
-  Un britannique : Watt pour la puissance

Mais pour le public le plus important ce sont les exposants. Parmi ceux-ci on trouve Edison qui présente les nouvelles lampes à incandescence qu’il a mises au point. On y présente aussi ses énormes génératrices et celles plus modestes du belge Zénobe Gramme.

On peut penser que les industriels installés dans le Finistère, en particulier à Châteaulin et Landerneau ont fait le voyage de l’exposition et constaté l’intérêt des nouveaux systèmes.

C’est à la suite d’un article du "Figaro" que les élus de Châteaulin ont décidé d’en savoir plus sur ce nouveau mode d’éclairage. Malgré la modicité de leurs ressources, ils traversèrent la France, se rendirent à la frontière suisse pour étudier l’usine installée à "La Roche sur Foron" par l’ingénieur Ernest Lamy. Celui-ci est chargé de construire une usine à Châteaulin à l’écluse de Coatigrac’h.

L’inauguration est un grand moment. Ne pas oublier qu’il n’y aura pas d’éclairage public électrique à Paris avant 1889.

Aujourd’hui l’usine est en cours de réhabilitation.

Mais revenons à Landerneau. La ville est loin d’être en retard. C’est au contraire une petite ville industrielle moderne. Une des premières à avoir adopté la force motrice à la vapeur au début du 19ème siècle avec en particulier Jacques Frimot, ingénieur des Pont et Chaussée dont le siège départemental était à Landerneau.

C’est un ingénieur signant "Frimot jeune" qui, en 1846, établit, à la demande de la municipalité de Ameline Decadeville, les plans de l’éclairage des rues de Landerneau par des réverbères alimentés à l’huile de colza.

Noter que les "lampes à réverbère" ont été diffusées à Paris à la fin du 18ème siècle. Elle sont équipées d’un "réverbère", plaque de cuivre argenté qui réverbère la lumière. Elles sont en général suspendues au dessus des rues. Témoin une gravure représentant un allumeur de réverbère à Quimper à une date antérieure à la construction des flèches de la cathédrale (1852).

Ici, pour l’anecdote, je voudrais évoquer un livre écrit en 1892 par Albert Robida "La vie électrique, Le 20ème siècle". Il imagine l’année 1955. La France est totalement électrisée. On se déplace dans le ciel dans des véhicules électriques et on communique par "téléphonoscope", une télévision murale qui anticipe la webcam.

Mais tout le monde est "stressé". Une loi a donc décidé que toute électricité serait bannie d’une région de France où on viendrait se ressourcer. Et comme par hasard, cette région est la Bretagne illustrée, en particulier par un allumeur de réverbère qui pourrait très bien se trouver à Landerneau.

A partir de 1848, des réverbères à l’huile de Colza éclairent donc Landerneau. En 1861, la municipalité de Landerneau (Frédéric Auguste Duval, maire) souhaite renouveler son éclairage et lance un appel d’offre pour un nouvel éclairage au Colza.

Le premier appel, très exigeant, est infructueux et d’autres propositions sont faites. Par exemple un éclairage à l’huile de pétrole.

Le procédé est moderne. Le premier puits artésien creusé par Drake aux USA ne date que de 1859. D’autres propositions sont faites pour un éclairage au gaz de houille.

Le gaz de houille est un procédé récent. Initialement mis au point par le français Lebon par distillation du bois, il est mis au point en Angleterre à partir de la houille. Par un procédé de "pyrolyse", la houille donne un gaz chargé d’hydrogène et de composés carbonés, des huiles et des goudrons et du coke utile pour l’industrie. Le procédé est techniquement ambitieux car en plus de l’usine il faut imaginer les canalisations. C’est finalement cette technique qui intéresse les élus landernéens.

Une des raisons invoquées pour l’éclairage au gaz : le train qui arrive à Landerneau depuis 1865.

Le lancement est difficile.

L’usine construire présente 2 fours à 5 cornues, 2 barillets, 4 épurateurs, 1 gazomètre (158m3) et un gazomètre (700m3).

A partir de 1875 les rues de Landerneau sont donc éclairées au gaz.

Le modèle de lampe installé est celui de la ville de Paris (en médaillon). Mais une nouvelle technique ne va pas toujours sans problèmes. Il faut, en particulier que le gaz soit bien épuré. Témoin la pétition adressée au maire Amédée Belhommet. La combustion du gaz émet des vapeurs acides qui attaquent les métaux et les poumons.

La société anonyme du gaz de Landerneau fonctionne pendant trente ans, au grand bénéfice des actionnaires, avant d’être reprise.

C’est là que les ennuis commencent. En particulier pendant la guerre 14-18. Le problème est que le charbon et la main d’oeuvre manquent alors que les entrepreneurs veulent conserver leurs bénéfices. La lutte est vive. Dès 1915 le maire, Gaston de l’Hôpital, refuse l’augmentation, le fournisseur coupe le gaz.

Le maire de Landerneau qui s’est adressé à ses collègues pour connaître la situation chez eux, reçoit une réponse du maire de Brest qui l’informe que chez lui le prix n’a pas augmenté.

Une contre offensive s’organise. Le 16 octobre 1915, à l’initiative du maire de Pontivy, une réunion se tient à la mairie de Saint Brieuc avec les maires de Dinan et d’Auray "afin de s’entendre sur les mesures à prendre pour résister efficacement aux revendications de la Cie du Gaz Franco-Belge qui éclaire les villes représentées". Pour s’opposer à la prétention de la compagnie d’augmenter le prix du gaz, elles s’engagent à une assistance mutuelle.

Il faut signaler que cette résistance a aussi une dimension "politique". On trouve dans le dossier d’archives de la ville de Landerneau, un exemplaire du "Cri du peuple", journal de l’internationale socialiste SFIO, qui ne correspond pas nécessairement à l’orientation politique du conseil mais qui s’oppose à l’augmentation du prix du gaz. La volonté de ne pas se laisser doubler à gauche est certainement présente dans l’attitude municipale.

Autre problème : le manque de main d’œuvre. Le directeur de l’entreprise demande au maire des employés municipaux et à l’armée des soldats. Pour appuyer ses dires il demande à un huissier de visiter l’usine.

Le régisseur de l’usine, Mr Jean Fatta, expose à l’huissier que, par suite du manque de personnel, il craint de ne pouvoir fournir le gaz nécessaire au besoin de la ville et des particuliers.

"Qu’obligé de faire le chauffeur, de s’occuper, outre du service de régisseur des travaux à faire en ville, des commandes à livrer, etc, il ne pourra certainement continuer étant fatigué qu’il a donc demandé à la municipalité et à l’autorité militaire du personnel pour continuer à faire fonctionner l’usine ; qu’il lui a été répondu par la municipalité et par l’autorité militaire qu’on n’avait pas de personnel à lui fournir. Qu’il m’invitait dans ces conditions à me transporter à Landerneau à l’usine pour constater les faits.

Déférant à cette demande je soussigné Auguste Tanguy Huissier audiencier près le tribunal civil de Brest demeurant dite ville rue du Château substituant Me Tromeur mon confrère empêché me suis transporté à l’usine à gaz à Landerneau où étant j’ai vu dans la cour occupé à casser du coke un homme qui m’a dit s’appeler Jacques Etienne et âgé de 76 ans manœuvre à l’usine, ayant ensuite pénétré dans un bâtiment où se trouvent les fours j’y ai vu le régisseur qui mettait du charbon dans le seul des trois fours qui était allumé ;
Près de lui se trouvait un jeune homme occupé à balayer le bâtiment ; ce jeune homme m’a dit s’appeler Jean Abhervé-Guéguen âgé de 15 ans et demi apprenti plombier mais faisant un peu de tout à l’usine sauf pourtant le chauffeur, ce service étant fait par un réfugié Belge, lequel était remplacé par Mr. Fatta bien souvent, même la nuit, ce réfugier Belge ayant été malade, il m’a déclaré qu’il y avait, outre ce réfugié Belge, comme employé son père qui était plombier à ladite usine et qu’actuellement il était en ville pour effectuer des travaux ;
Que c’était là tout le personnel de l’usine, c’est à dire quatre hommes et un apprenti. Mr Fatta m’a déclaré qu’il avait 56 ans, que l’ouvrier Belge était malade, que Jacques Etienne âgé de 70 ans, le manœuvre avait eu une faiblesse en faisant son travail le 18 octobre dernier ; que son apprenti malgré son jeune âge était très courageux au travail faisant plus que son devoir mais que cependant ; comme lui même il ne pourrait continuer son service dans ces conditions et qu’il se verrait contraint par suite de manque de personnel de cesser de faire fonctionner l’usine.

Ayant parcouru tous les bâtiments et le terrain de l’usine, voir même le jardin le tout enclos de mur je n’ai trouvé d’autres personnes sauf au bureau où j’ai vu Mme Fatta qui aide son mari aux écritures.- Ce dernier m’a déclaré être très fatigué et qu’il craint vu son état de ne pouvoir continuer à travailler.

De tout ce que dessus j’ai donné le présent procès verbal pour servir et valoir ce que de droit. Coût trente deux francs 9 centimes signé A Tanguy."

La houille surtout manque et même dans les années qui suivent la guerre, c’est pourquoi l’idée de l’électricité fait son chemin pour l’éclairage public.

L’électricité est déjà présente à Landerneau dans les principales usines de la ville. L’entreprise Dior est, par exemple, mise à contribution pour éclairer la gare jusqu’à la fin de la guerre. L’entreprise Gayet demande à pouvoir tirer des fils jusqu’à la maison familiale (La dynamo de 6kW installée à la scierie fournira un courant continu sous tension de 120V par une ligne à 2 fils supportant 50A). Ces usines font en général profiter le quartier mais de façon "sauvage".

C’est le cas aussi de la grande briqueterie qui a le mérite d’utiliser de l’énergie hydraulique à partir d’une retenue restée célèbre pour les braconnages de saumons qui s’y menaient.

Son directeur fait une proposition de fourniture d’électricité à la municipalité du maire Le Bos en 1920.

La proposition faite est très "moderne". La distribution à partir de l’usine de Traon-Elorn se fera en triphasé - 50 Hz - 110/220 volts. Un procédé "moderne" quand on sait qu’il faudra attendre 1960 pour que le triphasé s’installe à Paris. Sous ce rapport, le retard a eu du bon.
L’usine sera équipée de groupes hydrauliques et de groupes diesel. Deux groupes hydrauliques de 125 kVA fonctionnent déjà, un troisième de 100 kVA est prévu. Un diesel de 125 kVA fonctionne depuis 1908, deux autres sont prévus. La tension de 200 V fournie par les alternateurs triphasés reliés à ces groupes sera portée à 5000 V par des transformateurs et ramenée à la tension d’usage dans les quartiers.

Les turbines sont associés à des groupes électrogènes. Ceux-ci sont animés par des moteurs Diesel (le moteur existe depuis 1897 et sa première version commerciale a été exposée à l’exposition internationale de 1900), eux-mêmes très modernes. Ces deux machines conservées auraient été de fabuleux objets de musée.

Le problème est la résistance de la Société Franco-Belge qui fait état de sa concession pour l’éclairage de 50 ans jusqu’à 1960. Déjà en 1912, la municipalité avait dû renoncer. Il faudra attendre 1925 pour que, de façon officielle, l’électricité éclaire les rues de Landerneau.

Le modèle de lampe choisi est modeste et les fils commencent à envahir le ciel de Landerneau.

L’électricité a du succès. Rapidement arrivent les pétitions pour l’extension du réseau.

1926. L’usine est reprise par la "Compagnie de Brest et extension".

Dans une brochure diffusée par la compagnie elle déclare s’être créée en novembre 1925 avec un capital de 700.000 francs. Elle s’est assuré le concours technique, financier et moral de la compagnie d’électricité de Brest elle même chapeautée par le Compagnie Générale d’Électricité (CGE) de Paris.

Pour répondre au programme d’électrification des campagnes par haute tension, elle entend porter son capital à 3.000.000 francs en proposant 4600 actions à 500 francs.

Le dividende sera de 7% pendant les deux premières années avec une promesse d’augmentation quand les lignes seront en exploitation. Par ailleurs les actionnaires bénéficieront d’une réduction de 10% sur leur propre installation électrique.

Aux actionnaires industriels la Compagnie fait valoir que l’arrivée de l’électricité dans leur exploitation leur apportera "non seulement le confort sous forme de lumière électrique à un prix trois fois moindre que le pétrole, mais en outre, de nouvelles sources de profit en leur permettant le remplacement de la main-d’œuvre insuffisante et onéreuse par la force motrice." Déjà des "restructurations" en perspective !

La conclusion du texte est un appel au patriotisme régional :
Les actionnaires auront "la satisfaction de voir leurs capitaux engagés dans la construction de lignes placées sur leur route, à leurs portes, qui apporteront en Bretagne les avantages immenses que les autres régions de France ont déjà. Il ne faut pas que le Finistère soit en retard et, pour cela, il est indispensable que chacun fasse l’effort nécessaire pour permettre la réalisation de ce progrès, pour le développement de notre région".

C’est ce nouvel interlocuteur que trouve Jean-Louis Rolland quand il devient maire en 1929. L’époque est à la propagande en faveur du gaz et de l’électricité.

Un grand moment : l’exposition de 1937 et le Palais de la Lumière et de l’Electricité avec la fée électricité de Raoul Dufy.

La "ménagère" devient la cible principale.

A Brest et Landerneau la fée électricité entre aussi dans les fermes et les foyers.

La demande est forte et le maire, JL Rolland veut élargir le champ de l’électrification. Il en fait la demande à la compagnie en 1932.

Le concessionnaire veut d’abord une augmentation des tarifs, sinon pas d’extension.

Le conflit dure jusqu’en 1932, année où le cahier des charges de 1926 est mis à enquête publique pour modification. Le rapport du commissaire enquêteur répertorie les "contre" qui ne veulent pas d’augmentation des tarifs et les "pour" qui veulent l’extension vers de nouveaux quartiers. Quand même note-t-il que les déclarations "pour" sont "peu nombreuses et bien que n’étant pas suffisamment explicites font ressortir le désir de voir électrifier les nouveaux quartiers".
En fait sur 155 contributions on trouve 144 "contre" et seulement deux "pour" qui d’ailleurs ne se prononcent pas pour le nouveau cahier des charges mais se contentent de déclarer souhaiter voir l’électricité arriver dans les nouveaux quartiers.

L’opposition semble menée par l’ex majorité municipale devenue minorité mais elle regroupe surtout ceux qui refusent une augmentation des tarifs.

Les noms des signataires, représentatifs des familles landernéennes, se retrouvent aujourd’hui encore nombreux dans leur descendance.

La conclusion du commissaire ressemble étrangement à celles que nous trouvons régulièrement à l’occasion des enquêtes qui concernent nos problèmes contemporains de routes ou d’extension d’élevages. Malgré les 144 "contre" et les deux "pour" : avis favorable !

Comme il est courant aujourd’hui, l’enquête n’était sans doute qu’une formalité à laquelle il fallait se soumettre.

Il est vrai que le maire, Jean-Louis Rolland, avait à subir le choix de ses prédécesseurs et cette longue durée de la concession accordée aux industriels de l’électricité. S’il voulait électrifier les nouveaux quartiers, il lui fallait accepter l’augmentation des tarifs.
Pourtant lui même et son conseil signaient un nouveau contrat qui aurait dû ne s’achever qu’en 1964 si la guerre et les nationalisations qui ont suivi n’en avaient pas décidé autrement.

La guerre vient inverser la donne. L’électricité est limitée.

L’électricité est coupée à certaines heures. L’éclairage public réduit. En janvier 1941, la société productrice d’électricité annonce qu’elle viendra enlever des lampes déjà débranchées pour éviter qu’elles ne se rallument accidentellement pendant les bombardements.
Cette pénurie se prolongera après la guerre car en 1949 une consigne du préfet demande d’interdire l’éclairage des vitrines sauf "croix de Genève" (enseigne des pharmacies). Une mesure, plutôt justifiée, dont on devrait se souvenir dans une époque où la Bretagne est menacée de panne aux heures de pointe des hivers de forte demande.
Comme pour ses prédécesseurs, la guerre est donc pour le maire un moment où il faut gérer la pénurie. Difficile alors de poursuivre l’électrification des quartiers périphériques et des fermes encore nombreuses dans la commune.

Depuis 1923 il existe la possibilité d’obtenir un prêt de la part de la Caisse nationale de Crédit Agricole "pour faciliter l’électrification des campagnes".

Le 5 avril 1940, le maire sollicite donc un prêt de 490.000 francs pour une ligne à haute tension 5000v de 9,3km, une ligne basse tension à 4 conducteurs de 20,50km et 9 transformateurs. 1260 personnes habitant des exploitations agricoles sont concernées sur 8855 habitants à Landerneau.
Le 13 juin la réponse de l’ingénieur départemental du génie rural est négative. Les prêts sont interdits "sauf s’ils ont un intérêt primordial pour la défense nationale".
Certaines communes, pour bénéficier de ces prêts, font valoir la nécessité d’héberger les réfugiés dans les fermes ou d’alimenter des centres de secours dans les manoirs. A Landerneau, en avril 1941 le maire s’adresse à nouveau au préfet pour lui demander d’installer des lignes pour le "battage électrique" des moissons. Le refus du préfet est catégorique :
" En raison des faibles contingents de matériaux alloués, il ne sera possible d’exécuter que quelques extensions de lignes basse tension peu importantes à partir du réseau existant. Il semble qu’aucune ferme de votre commune ne remplisse les conditions demandées".

En ce qui concerne l’espace rural de la commune, il faudra attendre 1945 pour un plan d’électrification fermes périphériques. Pour sa réalisation la municipalité demande un prêt de 8 millions de francs à la caisse de crédit agricole. On leur propose un prêt limité et un gros dossier à constituer.
La municipalité décide d’un emprunt de 8 millions par obligations de 10 000 francs et demi-obligations de 5000 francs.

En 1947, le gaz et l’électricité sont nationalisés. En 1948, les communes se regroupent en syndicats d’électrification qui accordent une concession à EDF.

Quelques images :

avant et après l’électricité.

La copie exacte des lampes à gaz de la fin du 19ème siècle est devenue le symbole de l’ancien aussi bien sur des constructions du 16ème siècle que dans des quartiers du 20ème siècle.


On peut lire aussi un premier article sur le même sujet.