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Centrale à gaz à Guipavas (29). De la PPI (Programmation pluriannuelle des insvestissements de production électrique) au "Pacte breton".

samedi 16 avril 2011, par Gérard Borvon

Une "consultation préalable au lancement de l’appel d’offres pour une centrale à cycle combiné gaz en Bretagne" a été lancée.

Pour la réalisation de ce projet, l’appel d’offres s’appuie sur l’article 8 de la loi n° 2000-108 du 10 février 2000 et sur le rapport de la programmation pluriannuelle des investissements (PPI) remis au Parlement en juin 2009.

Intéressant d’y aller voir de plus près ce que dit cette PPI, en particulier au sujet de la Bretagne.


La PPI et le "Triskell Le Drian"

Puisque notre président régional a mobilisé sa "com" pour nous faire avaler la pilule de la centrale électrique à gaz sous la forme de notre emblème national, voyons ce fameux "triskell électrique".




Branche verte : maîtrise de la demande en énergie. Le "Pacte" n’y répond pas.

Que dit la PPI ?


La primauté de la maîtrise de la demande en énergie

Si la PPI n’a pas pour objet d’établir un plan d’actions en terme d’économie et de maîtrise de la
demande en énergie, elle se base sur les objectifs ambitieux d’économie d’énergie déclinés
dans la loi de programme pour la mise en oeuvre du Grenelle de l’environnement.
(synthèse page 12)


Comparons notre Triskell à l"ambition de la PPI.

Dans les deux cas, trois scénarios sont envisagés :

- laisser-faire tendanciel : on continue à augmenter au même rythme. Noter que c’est contraire à tous les accords internationaux et que cela ne devrait même pas être envisagé.

- objectif volontariste : dans la PPI cela s’appelle "Grenelle central", dans notre "triskell" "scénario MDE renforcé. C’est l’effort maximum envisagé.

- objectif pessimiste : appelé "Grenelle différé" dans la PPI et "Scénario de référence" dans le "Triskell".

Les mots indiquent déjà par eux mêmes "l’ambition" du "Pacte breton". On appelle "renforcé" ce qui est "central" dans la PPI et "de référence" ce qui est un recul sur la PPI liée au "Grenelle".


Pacte électrique Breton. En 2006 (référence PPI) la consommation bretonne était de 20,7 Twh.


PPI (page 43)|


Voyons ce que cela donne en chiffres :

scénarios consommation 2006 tendanciel PPI différé référence pacte objectif PPI pacte renforcé
PPI (Twh) 430 552 +28,4% 480 +11,6% 450 +4,6 %
"Pacte Bzh" (Twh) 20,7 27,0 +30,4% 24,7 +19,3% 23,5 +13,5%

Nous le pensions et la PPI le confirme : ce "Pacte breton" n’est pas à la hauteur de l’effort nécessaire !
L’utilité de l’engagement de la Région pour un programme d’économies et en particulier de sortie de "tout chauffage électrique" (75% des projets de logements actuels) se confirme.

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Branche bleue : énergies renouvelables. Un programme à confirmer.

Que propose la PPI :


Le développement massif des énergies renouvelables

Dans le cadre du programme d’équipement en énergie non carbonée, la PPI poursuit le
développement de la production d’électricité d’origine renouvelable en se basant sur les
préconisations du comité opérationnel n°10 du Grenelle de l’environnement.

Ainsi, la PPI retient pour l’horizon 2020 des objectifs de développement de :

- 25 000 MW d’éolien répartis entre 19 000 MW à terre et 6 000 MW en mer ;

- 5 400 MW de solaire ;

- 2 300 MW de biomasse ;

- 3 TWh/an et 3 000 MW de capacité de pointe pour l’hydraulique.

Pour permettre d’atteindre ces potentiels, un plan de développement des énergies
renouvelables a été annoncé par le Ministre d’Etat, ministre de l’Ecologie, de l’Energie, du
Développement durable et de l’Aménagement du territoire le 17 novembre 2008. On souligne
en particulier la mise en place de schémas régionaux de l’air, du climat et de l’énergie qui
permettront de faire émerger, au niveau des territoires, les potentiels et les voies de
développement des énergies renouvelables et la "convention d’engagements pour le
développement d’une hydroélectricité durable en cohérence avec la restauration des milieux
aquatiques".

Soit 35 700 Mw installés en 2020


Que propose le "Pacte" ?

Les 35 700 Mw programmés nationalement par la PPI ne seront respectés que si les énergies renouvelables sont développées dans les régions qui ont un fort potentiel.

C’est le cas de la Bretagne qui avec 3600 Mw programmés apportera sa contribution à hauteur de 10%.

C’est pourquoi il nous faut un engagement fort pour que cette partie du "pacte" soit réalisée voire même dépassée. Cet engagement ne peut pas être crédible si dans le même temps on prétend financer une coûteuse centrale électrique à gaz.

Le gaz ne doit pas prendre le relai du nucléaire pour bloquer tout développement des énergies renouvelables.


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Et maintenant le "côté noir du pacte".

C’est dans cette dernière branche noire du "Tiskell" que se cache la centrale électrique à gaz. Et tout cela parce qu’un danger immédiat vient d’apparaître dans le ciel breton : le bkackout élactrique !

Alors que nous dit la PPI en ce domaine ?

La PPI et le problème des pointes de consommation.

En résumé :

La PPI considère les centrales au fioul et les turbines à combustion comme la seule alternative
à l’hydroélectricité pour la production de pointe ; le fioul, stockable à proximité immédiate de
la centrale, est un combustible privilégié pour la production d’extrême pointe.

C’est clair et net et nous avons en Bretagne ce qu’il nous faut à Dirinon et Brennilis. (voir : Centrale à gaz à Guipavas. Qui veut supprimer les centrales de Dirinon et Brennilis ?)

On peut lire encore :

En règle générale, il est pertinent de privilégier pour la production de pointe et surtout
d’extrême pointe un combustible stockable à proximité de la centrale par rapport au gaz
naturel pour lequel les pointes de demandes entre la consommation résidentielle et la demande
d’électricité peuvent être concomitantes dans certaines zones géographiques
. De ce point de
vue, le fioul est avantageux, l’impact en terme d’émissions atmosphériques étant limité, vu la
faible durée annuelle de fonctionnement.
(page 62)

Que dire de mieux ? Même la PPI le dit : les centrales à gaz sont menacées de blackout gazier, contre les pointes il faut des centrales de type Dirinon/Brennilis utilisées sur une courte période.

Alors où est le problème ?

Les centrales de sécurité ne rapportent pas d’argent aux actionnaires. Il faut donc rappeler au service public de l’électricité sa mission de "service" qui se décline en fonction d’aménagement du territoire et de garantie de la sécurité énergétique. Service, sécurité et profits ne vont généralement pas ensemble !

Et le centrale baladeuse Finistérienne dans tout cela ?

On y parle, dans la PPI, d’un programme d’implantations de centrales à gaz mais celle qui serait prévue dans le Finistère n’y figure. Les Côtes d’Armor sont toujours visées.

PACA et Bretagne : deux régions nécessitant des renforcements du système électrique

Au-delà de l’équilibre offre-demande national, la PPI se préoccupe de l’approvisionnement des
consommateurs lié à une problématique de réseau. L’est-PACA et la région Bretagne sont
confrontés à des besoins spécifiques et urgents. Dans les deux cas, le développement d’actions
de maîtrise de la demande et le développement de la production décentralisée contribuent à
améliorer la situation. Néanmoins, pour PACA, suite à l’abandon du projet Boutre-Broc
Carros, il est urgent de renforcer le réseau THT notamment par un maillage à 225 kV tel
qu’annoncé par le Ministre d’Etat, ministre de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement
durable et de l’Aménagement du territoire en novembre 2008 et, pour la Bretagne, de
pérenniser les capacités existantes et d’implanter un moyen de production assurant une
puissance garantie dans la région de Saint Brieuc.

A l’évidence la centrale baladeuse n’entre que dans la politique de développement du parc électrique à gaz pour des intérêts commerciaux.


Une dernière carte pour finir.

L’objectif de la PPI pour 2020, c’est à dire pour demain, est clair : une décroissance régulière de la consommation d’énergie.



Retenir : la rupture énergétique ! Tel est le sens affiché de la PPI. Tel doit être l’engagement de toutes et tous en bretagne !