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Non à la centrale électrique à gaz à Landivisiau (29). Réunion de Landerneau. Les courbes qui prouvent l’inutilité de la centrale.
vendredi 11 février 2011, par
Le montage de diapositives présenté à la réunion organisée par le collectif GASPARE le mercredi 9 février à Landerneau concernait initialement le projet de Guipavas. Tout aussi approprié pour le projet de Landivisiau, il peut se décomposer en deux parties.
La première évoque la politique de développement de GDF/Suez et la façon dont cette entreprise cherche à augmenter sa part de marché de l’électricité en France.
Noter que le projet de Landivisiau est maintenant porté par Direct-énergie mais que l’analyse reste juste concernant ce groupe initialement envisagé.
La seconde s’appuie sur les chiffres et courbes relevées dans les "conférences bretonnes de l’énergie" et dans le document final du "pacte électrique breton". Elle montre une prévision d’augmentation importante des électricités renouvelables et de baisse notable de l’électricité de nature nucléaire ou fossile. nous l’avons complétée de quelques documents non présentés à la réunion.
A noter : ce sont les chiffres mêmes du "pacte" qui prouvent l’inutilité d’une centrale de 450Mw en Bretagne.

La présence de plus de 300 personnes à la réunion témoigne du refus de ce projet par la population.

GDF/Suez ne s’en cache pas : l’entreprise veut imposer massivement sa technologie de Turbine Gaz Vapeur pour la production d’une électricité qui viendra s’ajouter à celle produite par les centrales nucléaires.
Lire aussi un article écrit en 2006 sur S-eau-S avant la privatisation totale.
A l’occasion de la publication des résultats annuels de l’entreprises, Jean-François Cirelli, faisait part aux actionnaires de sa satisfaction de PDG comblé :
" Dans un contexte 2005 marqué par une hausse très importante des prix de l’énergie et des tensions sur les approvisionnements, le Groupe Gaz de France a dépassé ses objectifs. Le résultat net, le plus élevé de son histoire, augmente de 29 % pour atteindre 1 743 millions d’euros. L’excédent brut opérationnel se situe dans le haut de la fourchette... Nos perspectives de croissance sont favorables, grâce aux atouts propres de Gaz de France. Notre projet de fusion avec Suez offre des opportunités supplémentaires pour constituer un leader européen de l’énergie de tout premier plan. Le nouvel ensemble sera source de développement et de croissance pour Gaz de France, dans le cadre d’un projet générateur de synergies élevées et fortement créateur de valeur pour les actionnaires de Gaz de France. "
"Un projet fortement créateur de valeur pour les actionnaires de Gaz de France." Tout était déjà annoncé en 2006 !

Le service public de l’énergie a laissé la place à un groupe privé dont les actionnaires majoritaires sont les agences de placement boursier, les fonds de pension et les assurances.

Une centrale "TGV" de GDF/Suez en Belgique. Noter la tour de refroidissement qui dépasse les 100m de hauteur.
Suez a en projet l’implantation, en France, d’une trentaine de centrales de ce type dans les années à venir

Le schéma de fonctionnement de la centrale. La turbine vapeur (à droite) fait passer le rendement de 33% à 50% mais nécessite beaucoup d’eau pour son fonctionnement et son refroidissement.

Détail du circuit de refroidissement. Les volumes d’eau utilisés sont de l’ordre de 10 000m3 par jour soit le tiers du volume prélevé dans l’Elorn pour l’alimentation quotidienne en eau potable des 300 000 habitants du nord-Finistère qui y sont raccordés.
Un refroidissement (ventilateurs) par air peut être couplé à un refroidissement par eau moins volumineux mais nécessitant cependant un volume d’eau conséquent.

Centrale 450Mw de Montoir en Bretagne. Installée sur le port méthanier. Sa production s’ajoutera à la production bretonne de Cordemais.
Pourtant les auteurs du "Pacte" s’évertuent à exclure la production de la Loire-Atlantique dans le bilan breton.
Il est des fois où certains élus bretons préfèrent oublier qu’ils se sont prononcés pour une Bretagne réunifiée à 5 départements

Installée à l’estuaire de la Loire la centrale de Montoir est refroidie à l’eau de mer.
Construite en zone industrielle déjà existante, elle n’a pas été soumise à la loi littoral qui prévoit la continuité de l’urbanisme. Ce ne sera pas le cas à Guipavas
Comment imposer une centrale ?
1 - Créer la panique.
Parler de "risques de coupures" n’a pas produit le résultat escompté. De mauvais esprits dans les Côtes d’Armor, y compris des élus socialistes, ont réussi à prouver qu’une centrale à gaz n’apportait aucune solution. Oublié le projet de Ploufragan !
Pour imposer une centrale à Guipavas ou ailleurs dans le Finistère, il faut donc taper plus fort. Ce n’est plus d’une coupure qu’on menace les bretons mais du "black-out" !
2- Faire croire au miracle économique attendu.
La centrale créera des emplois, des industries nouvelles viendront s’installer... On connaît la chanson : les bretons savent voir ce qui se passe chez leurs cousins normands. La centrale nucléaire de Flamanville a surtout créé le désert autour d’elle.
2- Mettre les élu(e)s dans sa poche.
En Bretagne il semblerait que ce ne soit pas trop difficile. La politique y est menée par les chambres d’agriculture et les chambres de commerce et d’industrie. Les élus régionaux de gauche et de droite qui on voté le pacte, et le président de la région en tête, semblent se complaire dans le rôle de représentants de commerce, transformant le Conseil Régional en Agence de Pub au profit des entreprises privées.

Le black-out ! Les "anciens combattants" de Plogoff * se souviennent qu’on leur avait déjà fait le coup !
Le risque pourquoi ?

Parce que pour consommer l’électricité des centrales nucléaires on a fait la promotion du chauffage électrique et que lesdites centrales sont incapables de répondre aux pointes des jours froids d’hiver.
La solution ? Stop au chauffage électrique !
Qui augmente sa consommation et où ?

Apparemment plutôt du côté de Rennes et Vannes que de celui de Brest.
Conseil Régional ou Agence de Pub ?
La branche bleue ? D’accord !
Bien noter la branche "verte" du Triskell : on diminue... l’augmentation !
Quant à la branche "noire", nous en reparlerons !

Le "Pacte" dans la presse. Bien noter la courbe en bas, à droite. Une diminution est cachée dedans.
On diminue... l’augmentation

A partir d’aujourd’hui, trois hypothèses dans le "pacte" :
en rouge : on continue à augmenter comme les années passées.
en bleu : on augmente, mais un peu un peu moins vite.
en vert : on augmente toujours, mais encore un peu moins vite.
Devinez quoi ?
En vert : la consommation d’électricité renouvelable.
En orange : la consommation d’électricité nucléaire et fossile.
En violet : effort supplémentaire de maîtrise de l’énergie.
Bonne nouvelle : la consommation d’électricité nucléaire et fossile va diminuer.

Voilà ce qui aurait dû être le scoop de la communication médiatique : à partir de maintenant on consomme mois d’électricité nucléaire, pétrolière et gazière !
Comment avoir oublié de le signaler en pleine période de déclamations sur les agendas 21 et le développement durable ?
De l’art de présenter les courbes.

Une courbe c’est fait pour mettre en évidence un phénomène que les chiffres ne permettent pas toujours de percevoir. Avec deux courbes c’est même parfois encore plus clair.
Parfois une courbe peut aussi être efficace pour cacher un phénomène... mais ne faisons pas de mauvais esprit

La courbe présentée dans un article du journal Ouest-France, ne retient, pour des raisons de clarté, que l’hypothèse la moins économe en électricité nucléaire et fossile. Elle n’en est pas moins parlante.
Les chiffres aussi savent parler.



Le "Pacte" que nous aurions aimé.


Alors, tous ensemble !

Le Montage diapos en vidéo.
notes :
*"Plogoff, un combat pour demain "(extrait) :
Le coup de la panne.
Après les votes des conseillers régionaux et généraux, le temps est venu de bien faire comprendre à Plogoff que tout espoir est inutile. Pour EDF et ses alliés, c’est une question d’honneur. On ne va quand même pas laisser une poignée "d’irréductibles bretons" s’opposer à l’avancée des légions du progrès. Sans compter qu’une centrale à la Pointe du Raz peut précéder un centre de retraitement à la Pointe du Van, un surgénérateur à Brennilis, une fabrique d’ogives nucléaires dans la presqu’île de Crozon, un centre d’enfouissement dans le granit de Brignogan. Bref, une pointe de Bretagne vouée au nucléaire civil et militaire.
La mise en condition commence par le "coup de la panne". Le 19 décembre 1978 à 8h30 tout s’éteint. Une ligne de 400 000 volts a disjoncté, entre Nancy et Troyes, au moment où la région parisienne se réveille. Pour cause d’une mauvaise conception du réseau, l’incident s’est propagé, la moitié de la France s’immobilise et grelotte. Au lieu des explications et des excuses attendues, la direction de EF en profite pour développer sa propagande.
Pour que le message soit clair, la Bretagne sera la région le plus longtemps privée d’électricité. Raison technique, dira le directeur général de EDF : "l’Ouest est fortement importateur, il ne dispose pas d’assez de centres de production". Si une ligne a sauté dans l’Est, c’est parce que qu’on "importe trop d’électricité allemande pour alimenter la Bretagne".
Chacun sait, ici, que la centrale de Cordemais, à Nantes, produit plus d’électricité que celle consommée par les cinq départements de la Bretagne historique. Il est également connu qu’un breton consomme en moyenne 2000 kWh par an alors que la moyenne nationale est de 3500 kWh. Peu importe, un faux argument prend la couleur de la vérité quand on le martèle avec assurance. Certains nous le ressortent encore aujourd’hui.
Saisissant l’occasion, EDF commande un sondage d’opinion qui révèle que 47% des français sont pour le recours au nucléaire et 34% contre. En Bretagne on retiendra surtout que, malgré les moyens mis au service de la propagande, un tiers des français résiste encore."
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