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Société Publique Locale (SPL) Eau, à Brest. Consensus droite-gauche pour une nouvelle forme de marchandisation.

lundi 13 décembre 2010, par Gérard Borvon

Déclaration de Laurent Prunier, président sarkozyste de l’UMP du Finistère et tête de file de la droite à Brest BMO :

"Qu’on se le dise, la gestion de l’eau à Brest restera globalement privée et cela nous convient. C’est d’ailleurs pour cela que nous voterons (cette délibération)."

Le télégramme 11 décembre 2010

Vote décisif hier soir, en conseil de communauté, en faveur de l’attribution de la gestion de l’eau et de l’assainissement à la nouvelle société publique locale « Eau du Ponant », après 25 ans de gestion par la société privée Veolia.


Le vice-président de BMO, Maxime Paul, célèbre le vote massif des conseillers communautaires en faveur du transfert de la gestion de l’eau à la nouvelle SPL « Eau du Ponant ».


Le bilan de gestion du service de l’eau publique et de l’assainissement sur le territoire de BMO fait apparaître que la société privée Veolia, tout en ayant correctement rempli la mission qui lui avait été confiée par délégation de service public (DSP) en 1987 par la majorité de droite de l’époque, aurait gagné 55millions d’euros en 25 ans. L’estimation provient des services de BMO. Afin de finir du mieux possible le contrat qui s’achève au 31mars 2012, BMO et Veolia sont parvenues à un accord qui prévoit notamment d’en revenir à une fourchette de profits plus réduite : Veolia seserait engagée à rembourser 3,2MEUR et à financer, à ses frais, des travaux de renouvellement sur 14km de réseau d’eau potable. Des dispositions ont également été prises pour assurer une bonne continuité de service entre Veolia et la SPL « Eau du Ponant ». Environ 120 personnels de Veolia seront intégrés dans la SPL et une trentaine de personnels de BMO, volontaires, iront travailler au sein de la nouvelle société. La nouvelle DSP confiée à la SPL « Eau du Ponant » aura une durée de vie de 99 ans.

Large soutien à la SPL

Lors du débat, certains élus, comme Armel Gourvil (Groupement intercommunal des communes associées), ont déclaré craindre que « les élus n’aient plus à se prononcer sur les investissements de la future SPL ». Le maire de Bohars a aussi affirmé que son groupe se montrera « attentif » à la politique tarifaire qui sera adoptée envers les usagers. L’élu de Plouzané, Jean Ker, s’est prononcé en faveur d’une tarification sociale du prix de l’eau.

Après les critiques du secrétaire général adjoint de la CGT (notre édition de mercredi), envers le choix de cette SPL, considérée par lui comme relevant du privé, Laurent Prunier n’a pas manqué d’égratigner le vice-président communiste de BMO, Maxime Paul, rapporteur du projet. « Maxime Paul, pourtant fervent défenseur durant la campagne municipale d’un retour en régie. (...) Il est agréable de voir le Parti communiste français se convertir au "libéralisme" de son grand-frère chinois. Qu’on se le dise, la gestion de l’eau à Brest restera globalement privée et cela nous convient. C’est d’ailleurs pour cela que nous voterons (cette délibération) » .

Agacement de Maxime Paul pour qui la SPL relève, au contraire, d’une gestion publique de l’eau et constitue « un outil supplémentaire pour conforter les collectivités locales ».

Les délibérations confiant l’eau et l’assainissement à la SPL ont été adoptées à la quasi-unanimité (hormis les voix des Verts et de l’UDB).

* Patrice Le Berre


Notre commentaire :

Le consensus PS-UMP en faveur de la marchandisation de l’eau se confirme. Seule différence : l’UMP assume sa vision du caractère "privé" de ce type de gestion. Par contre nous attendons toujours du communiste Maxime Paul qu’il nous donne les motifs sérieux de son refus du retour à une régie publique.

Rappelons nous que la loi sur les SPL est une proposition d’un sénateur socialiste reprise par un député UMP à l’Assemblée Nationale.

Relevons aussi la clairvoyance des Verts et de l’UDB qui n’ont pas voté cette délibération.



voir aussi :

Les Sociétés Publiques Locales. Survie ou fin des services publics locaux ?

Les sociétés Publiques locales (SPL). Vers un nouveau dogme ?