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Pollution de l’eau. Un enterrement à Ornans : celui de la Loue.

samedi 26 juin 2010, par Gérard Borvon

La Loue est une rivière mythique.

Elle a inspiré les plus beaux tableaux de Courbet, elle fait venir du monde entier les plus fins amateurs de pêche à la truite.

Elle faisait pourtant grise mine en ce mois de juin 2010.


Des cadavres de poissons dans un magma d’algues vertes et brunes et quelques survivants bien mal en point. C’est une image de cauchemard que personne ne s’attendait à voir sur la Loue.

Oui, la Loue, la rivière des amateurs de pêche à le truite, la Loue qui n’est plus que l’ombre d’elle même !

Telle est l’introduction de la vidéo que le breton que je suis, riverain de l’Elorn, l’autre rivière à truites, découvrait lors d’une brève visite à Besançon.

Un enterrement à Ornans.

Ornans est cette superbe petite ville sur la Loue magnifiée par Courbet.

Il se dit aussi que ses balcons donnant sur la rivière se louent à prix d’or aux riches amateurs de pêche à la truite venus des quatre coins de l’Europe mais aussi des Amériques et du Japon.

"Un enterrement à Ornans est un tableau peint par Gustave Courbet entre 1849 et 1850. Le peintre avait 33 ans lorsqu’il réalisa cette œuvre de grande dimension qui fut l’objet d’une violente polémique lors de sa présentation au Salon de peinture de 1850. On a alors reproché au tableau sa vulgarité et les critiques ont accusé Courbet de peindre "le laid", "le trivial" et "l’ignoble". L’enterrement à Ornans va vite devenir une œuvre manifeste du Réalisme dont Courbet sera le chef de file ; un peintre engagé pour l’Art mais aussi pour la République." (voir wikipédia)

Cette célébrité a inspiré les Verts de Franche-Comté qui ont invité les amoureux de la rivière à venir le 19 juin enterrer la Loue polluée.

La Loue est morte, vive la Loue !

Tel était le message.

Enterrons la Loue polluée, place aux actes pour léguer une rivières plus propres aux générations futures !

La Bretagne n’était pas absente de cette manifestation. D’abord physiquement par la présence de notre petite délégation arrivée là par hasard. Ensuite dans l’esprit des manifestants. "Non au syndrome breton, Non aux porcheries et au lisier à la bretonne". Tel était le mot d’ordre qui revenait en boucle dans les discours associatifs.

Le breton que je suis faisait quand même remarquer aux amis Franc-Comtois que l’image de la Bretagne c’est aussi celle d’une région où les associations se battent depuis fort longtemps pour la protection de leur environnement et que leur "enterrement à Ornans" prouve que l’esprit de résistance, lui aussi, est contagieux.