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Mort d’un cheval sur une plage bretonne. Les algues vertes en cause.
dimanche 2 août 2009
source : Le Télégramme
Les algues vertes peuvent-elles être à l’origine du décès d’un cheval et du malaise de son cavalier, mardi dernier sur la plage de Saint-Michel-en- Grève(22) ? Les gendarmes ne le pensent pas, un médecin urgentiste si.
L’accident s’est produit mardi après-midi alors que le cheval, mené par la bride, entrait dans une zone mouvante à la traversée du Roscoat, petit ruisseau débouchant sur la plage de Saint-Michel-en-Grève. Le secteur est vaseux, la vase étant elle-même masquée par une couche d’algues plus ou moins épaisse selon les endroits. Le cheval a percé la croûte et s’est enlisé jusqu’au cou. Son cavalier, voulant le tirer de ce mauvais pas, s’est à son tour enfoncé jusqu’à la poitrine. Il a été secouru par l’entreprise de ramassage d’algues qui, témoin des faits, est arrivée à la rescousse avec sa fourche de levage. Pour les gendarmes intervenus sur les lieux, il n’y a pas de raison particulière de polémiquer. « C’est un enlisement, le cheval est mort étouffé dans la vase », estime, photos à l’appui, le commandant de compagnie Christophe Le Ruyet.
« Le cavalier sorti juste à temps »
Ce n’est pas l’avis du docteur Pierre Philippe. Médecin urgentiste à l’hôpital de Lannion, il est déjà intervenu, publiquement, pour dénoncer le danger d’asphyxie que présente l’amas d’algues en putréfaction. Il y a dix ans, il était de service quand a été amené à l’hôpital, un ouvrier travaillant au ramassage d’algues dans la baie de Plestin-les-Grèves lequel était tombé dans le coma. Le docteur Philippe n’était pas de garde mardi, mais apprenant ce qui venait de se produire, il est allé sur place. « Le cavalier a perdu connaissance en essayant de sortir son cheval du pétrin. Il ne doit son salut qu’au fait d’avoir été extrait à temps du magma », assure le médecin. Le cheval n’a pas eu cette chance, avance-t-il, car sa ventilation était accélérée par l’effort, ce qui lui aura fait inhaler davantage d’hydrogène sulfuré ».
Le cheval autopsié
Le docteur Philippe, de service le lendemain, a eu l’occasion d’examiner son patient après une nuit en observation à l’hôpital. « Cet homme de 27 ans ne présentait aucun problème antérieur de santé ». Le propriétaire du cheval a demandé une autopsie. Une requête qu’a aussi effectuée le docteur Philippe. À titre personnel ? « À titre de santé publique », répond-il, convaincu que le coma de son patient d’il y a dix ans, la mort de deux chiens l’an dernier sur la plage d’Hillion, le décès du cheval mardi et le malaise concomitant de son cavalier ne sont pas le fruit de coïncidences fortuites mais bel et bien les conséquences d’intoxications aux gaz.
Voir aussi :
Les algues vertes peuvent tuer.

Ouest-France, lundi 03 août 2009
Polémique autour des algues vertes.
Certains estiment que le décès d’un cheval sur une plage des Côtes-d’Armor, mardi, serait lié au gaz qu’elles produisent.
La mort d’un cheval sur la plage de Saint-Michel-en-Grève reste inexpliquée. Mardi, le cavalier et sa monture auraient tenté de traverser le Roscoat, un ruisseau qui débouche sur cette plage du Trégor. Le cheval est mort étouffé. Le cavalier a été retrouvé inconscient après s’être enlisé dans un mélange de vase et d’algues vertes, dont la putréfaction produit un gaz dangereux et toxique.
« Cela n’a strictement rien à voir avec les algues », a d’abord affirmé un gendarme pour qui le cheval s’est enlisé dans la vase. « Il ne peut y avoir d’algues en putréfaction à cet endroit qui est régulièrement nettoyé. Ça ne pourrit pas en une journée », a aussi confirmé Gilles Efflam, qui a secouru la victime. Sa tractopelle sert d’habitude à ramasser les quantités d’algues vertes qui polluent cette plage.
Mais les témoignages mettant en cause l’algue verte se multiplient. Benoît Ropartz était lui aussi parmi les premiers sur les lieux. « Avec mes jumelles, j’ai vu le cheval et suis descendu avec mon voisin. Nous sommes montés dans le godet de la tractopelle pour atteindre le cavalier. Le cheval était déjà mort. Il y avait des algues en quantité et elles devaient être là depuis trois ou quatre semaines. »
Médecin urgentiste à l’hôpital de Lannion, Pierre Philippe rappelle des expériences passées : « Il y a dix ans, je me suis occupé d’un ouvrier intoxiqué par les gaz issus des algues qu’ils ramassaient. Cette nouvelle intoxication d’un homme et d’un animal survient après celle de deux chiens à Hillion. »
Il faut désormais attendre quelques jours pour avoir les résultats de l’autopsie du cheval. « Nous espérons que la préfecture les fera connaître », ajoute Yves-Marie Le Lay, de l’association environnementale Sauvegarde du Trégor.
Pierre DUQUESNE.
mardi 04 août 2009
Le danger des algues vertes ravive les inquiétudes
La mort d’un cheval sur la plage de Saint-Michel-en-Grève, dans les Côtes-d’Armor, relance la polémique autour du danger des algues vertes en décomposition.
« Ça nous bouffe la vie, ça nous bouffe tout. » René Ropartz, maire de Saint-Michel-en-Grève, sature. Avec Hillion, sa commune est l’une des plus touchées par la pollution des algues vertes.
« La première fois qu’on en a parlé, c’est en 1971. La quantité ne cesse d’augmenter depuis 1997 avec un record, il y a deux ans : 21 000 tonnes collectées. On n’arrive plus à faire face. » Dans le port, « les chaînes de bateaux gênent le ramassage des algues ». Au point de poser la question de sa fermeture.
À Hillion, en baie de Saint-Brieuc, le débarquement des algues a explosé cet été. « Nous en sommes à près de 16 000 t collectées depuis fin mai, confirme-t-on en mairie. La saison passée, nous avons ramassé 15 000 t... sur toute la saison. » L’exaspération est ancienne. La mort d’un cheval, la semaine dernière, enlisé dans un magma de vase et d’algues vertes sur la plage de Saint-Michel-en-Grève, a ravivé la polémique.
Une intoxication
Prudente, la préfecture estime pour l’heure que le cavalier et la monture se sont « envasés dans une zone mouvante ». Yves-Marie Le Lay, président de l’association environnementale Sauvegarde du Trégor, pointe du doigt les algues. « Tout laisse à penser qu’il s’agit d’une intoxication à l’hydrogène sulfuré dégagé par les algues en putréfaction. » Les premiers résultats de l’autopsie, pratiquée à l’initiative du propriétaire, confirment cette piste en indiquant un oedème pulmonaire.
Cette affaire intervient dix ans après l’intoxication d’un ouvrier ramassant des algues et un an après la mort de deux chiens asphyxiés sur la plage d’Hillion. Afin de mieux cerner la dangerosité, un groupe de travail a été mis sur pied il y a quelques mois. Jean-François Sassi, responsable au laboratoire du centre de valorisation des algues de Pleubian, en fait partie. « Quand on atteint 10 ppm d’hydrogène sulfuré, on doit évacuer un chantier. Entre 500 et 1 000 ppm, un homme tombe inanimé. Quand on perce une croûte d’algues en décomposition, nos capteurs, limités à 500 ppm, sont saturés. »
Dans une lettre, le préfet a recommandé aux collectivités de mettre en place un plan de prévention, d’activer le ramassage et de fermer certains accès.
Joël Le Jeûne, maire de Tredrez-Loquémeau, a publié, vendredi, un arrêté municipal interdisant la promenade sur le littoral. À Hillion, après la découverte d’oiseaux morts, fin juillet, une plage a été fermée durant 48 heures. « On attend les résultats de ces autopsies, informe le maire Yvette Doré. Financièrement, c’est très lourd à gérer. Il faut se battre pour évacuer ces tonnages ensuite épandus dans les champs ou compostés. La préfecture réagit un peu plus, mais c’est long. Je vois quand même qu’on nous reconvoque mercredi pour faire un point sur la situation ou qu’il y a un changement de regards sur les extensions de porcheries. »
Avant une mobilisation environnementale prévue le 25 septembre à Hillion, une manifestation sera organisée dimanche 9 août pour soutenir le maire de Saint-Michel-en-Grève, contre qui le cavalier victime de l’accident entend porter plainte « Le maire n’est pas un coupable, il est une victime des algues vertes, estime Yves-Marie Le Lay. Le responsable, c’est l’État, déjà condamné par un tribunal administratif en 2007 ».
Pierre DUQUESNEet Sébastien GROSMAITRE.
Algues vertes. L’autopsie du cheval relance la polémique
4 août 2009
Les algues vertes ont-elles tué un cheval sur la plage de Saint-Michel-en- Grève ? L’hypothèse, lancée par un médecin, semble confortée par une autopsie de l’animal.
« Le cheval ne s’est pas noyé. Il n’y avait pas d’eau ni de vase dans ses poumons. Il est mort d’un oedème pulmonaire massif ». Selon Me Vincent Le Luyer, avocat du propriétaire, tels sont les premiers résultats de l’autopsie pratiquée sur le cheval qui est mort brutalement, mardi dernier, sur la plage de Saint-Michel-en-Grève (Le Télégramme de samedi dernier). Cette autopsie, demandée par le propriétaire, semble démentir les conclusions de la préfecture et de la gendarmerie, qui attribuent le décès à un enlisement et un étouffement.
Intoxication à l’hydrogène
Au contraire, elle paraît conforter la thèse du Dr Philippe, médecin urgentiste à Lannion, qui y voit une intoxication à l’hydrogène sulfuré dégagé par les algues vertes en putréfaction sur la plage. Me Le Luyer rappelle aussi le violent malaise, « avec convulsions, cyanose et perte de connaissance », ressenti simultanément par son client, Vincent Petit, âgé de 27 ans, et qui menait alors son cheval par la bride. Ces observations rejoignent celles du Dr Lesné, spécialiste du CNRS, à propos du décès de deux chiens en juillet2008 sur une plage d’Hillion, dans la baie de Saint-Brieuc, également infestée d’algues vertes. Deux autopsies montraient « un oedème aigu du poumon ». L’avocat de Vincent Petit envisage de déposer cette semaine une plainte contre X auprès du procureur de la République de Guingamp, pour les blessures causées à son client et la perte de son cheval.
Une procédure contre le maire
Il envisage également une action en responsabilité civile, qui pourrait en premier lieu viser le maire de la commune. « C’est le maire qui exerce la police administrative sur la plage. Avait-il pris toutes les mesures pour prévenir du danger ? », s’interroge l’avocat, qui se défend de vouloir stigmatiser l’élu local. « D’autres interlocuteurs peuvent être concernés. Et nous sommes choqués de la réaction des services de l’État, qui considèrent que c’est un accident d’un particulier sur une plage. Les professionnels de santé considèrent que c’est un problème de santé publique ».
Manifestation dimanche à Saint-Michel
La fédération environnementale Sauvegarde du Trégor appelle à une manifestation de soutien au maire, dimanche 9août, à 15h, sur la plage de Saint-Michel-en-Grève. « Ce serait une injustice profonde que le maire soit reconnu responsable. Nous allons dire au propriétaire du cheval de se retourner contre l’État », argumente Yves-MarieLe Lay, président de Sauvegarde du Trégor, lui aussi convaincu que ce sont les algues vertes qui ont tué le cheval.
Jean-Luc Le Roux

Témoignage pathétique du maire

