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Fabriquer des panneaux photovoltaïques en Bretagne.
mardi 14 juillet 2009
Après neuf ans passés à travailler dans les circuits imprimés, Delphine Le Bris a découvert l’univers du solaire. Après neuf ans passés à travailler dans les circuits imprimés, Delphine Le Bris a découvert l’univers du solaire.
Les anciens salariés d’ELCI, produisent depuis un mois des panneaux solaires au sein d’une nouvelle société, devenue le troisième fabricant français.
Sillia énergie fait le pari du solaire
Après le lancement de sa production de panneaux solaires le mois dernier, Sillia énergie va intégrer dans les prochains jours sa dernière équipe de salariés. Cette entreprise a été créée par le groupe Sofie après l’arrêt de la production d’ELCI, sa filiale lannionnaise spécialisée dans les circuits imprimés. Au moment du plan social, 48 salariés (sur 74) ont accepté un transfert d’ELCI vers Sillia énergie. En échange du maintien de leur niveau de rémunération et de leurs avantages, ils ont complètement changé de métier. 150 heures de formation pour passer du secteur électronique à l’énergie photovoltaïque.
48 salariés changent de métier

« Fabriquer un produit d’avenir et bénéfique pour l’environnement » ne satisfait pas seulement les salariés. « C’est une bouffée d’oxygène, confie Raphaël Saluden, syndiqué à la CFTC. Cela nous a permis de rebondir après l’arrêt du site d’ELCI dues aux difficultés du secteur du circuit intégré et à la concurrence des pays à main-d’oeuvre bon marché. Mais c’est sur la question des conditions de travail que nous y avons surtout gagné. Il n’y a plus d’odeur et nous n’utilisons plus de produits chimiques. »
De son côté, le directeur du site, Patrick Baroux, reconnaît que l’entreprise avait tout intérêt à conserver « un personnel qui connaît l’industrie et ses exigences en termes de respect des normes et de la qualité ». Seul bémol, certains employés regrettent le caractère trop rébarbatif de ce nouveau métier d’agent de fabrication, qui fait moins appel à l’analyse. Si les salariés sont dans les murs depuis longtemps, les locaux de la nouvelle société ont entièrement été rénovés.
Le choix de la qualité
Autour de la chaîne de montage automatisée, longue de 88 mètres, s’activent une dizaine d’ouvriers. Les cellules photovoltaïques, vérifiées et triées, sont connectées et assemblées par soixante dans un écrin de verre et d’acier. Mais la cellule photovoltaïque, composant à forte valeur ajoutée, n’est pas produite sur le site lannionnais mais par un fournisseur allemand. La société se limite donc au montage des panneaux solaires. Une stratégie totalement assumée par le PDG, Bruno Cassin, en dépit d’une concurrence étrangère parfois moins chère. « Produire des cellules, nous n’en avions pas la surface financière nécessaire. »
Pour vendre « 100 000 unités chaque année », il veut parier sur la « capacité à mettre en avant la qualité, devant les produits chinois ». « Aucun choix de prix n’a été fait en matière d’approvisionnement et nous nous fournissons chez les meilleurs mondiaux », confirme le directeur du site lannionnais. « Nous misons aussi sur la traçabilité, élément important pour des panneaux qui doivent durer de 25 à 30 ans. » Avec seulement trois fabricants pour fournir un marché français très dynamique, les couleurs tricolores, affichées sur le logo et sur les blouses des salariés, sont aussi mises en avant. À court terme au moins, l’avenir dans le solaire s’annonce rayonnant. D’ores et déjà, le passage programmé aux trois/huit en septembre devrait créer de nouveaux emplois sur le plateau de Pégase.
Pierre DUQUESNE.
Ouest-France

