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Avant et après le Grenelle de l’environnement.

mardi 30 octobre 2007

Le 23/10/07 - À la veille de l’ouverture de la phase finale du Grenelle de
l’environnement, les associations écologistes membres de l’Alliance pour la
planète présentent ses mesures concrètes et de bon sens, budgétisées et
planifiées, sur lesquelles doit absolument s’engager le Président de la
République et qui feront du Grenelle de l’environnement une réussite.

Le 30/10/07 - L’écart est grand entre les espoirs et les résultats.


Avant

Après les discussions vient le temps des décisions !

23 octobre 2007. L’Alliance définit ses conditions de réussite du Grenelle

« Le temps des discussions est terminé. Voici venu le temps des décisions,
déclare Yannick Jadot, directeur des campagnes de Greenpeace et porte-parole
de l’Alliance. Pour être une réussite et répondre à la crise
environnementale, le Grenelle de l’environnement doit déboucher sur les
décisions radicales que nous proposons et qui font rupture avec le statu quo
actuel. Ces décisions doivent impérativement comprendre des objectifs
chiffrés et datés. »

« L’Alliance jugera les résultats du Grenelle de l’environnement sur la base
de critères objectifs : les solutions clés à la crise environnementale ! »
annonce Daniel Richard, président du WWF France et porte-parole de
l’Alliance pour la planète.

Pour que le grenelle de l’environnement soit une réussite, la déclaration finale de Nicolas Sarkozy doit être :

Transports : Pour limiter les émissions massives de CO2 liées au transport,
le Grenelle décide de sortir de la logique du « tout routier », en mettant
en place un moratoire sur les projets autoroutiers et aéroportuaires, et en
développant massivement les modes de transports alternatifs pour les
voyageurs et les marchandises.

L’Agence de financement des infrastructures de transports en France doit
allouer en 2008 aux collectivités territoriales 43,5 milliards d’euros pour
développer les transports urbains et périurbains (tramways, bus, métro,
train voyageurs). Les recettes de l’éco-redevance sur les poids lourds et de
l’éco-pastille annuelle sur les véhicules particuliers neufs doivent être
affectées à ce financement.

Bâtiments : Le Grenelle décide la mise en place d’un plan de rénovation
massif et ambitieux des logements. Une loi de programmation sur les
bâtiments devra être votée en 2008 avec, à partir de 2012, une obligation
d’isolation des logements lors du changement d’occupant (environ 400 000
logements par an), à 50 kWh/m2 d’énergie primaire pour le chauffage. Les
travaux d’isolation seront financées par les économies d’énergie réalisées
et une aide publique d’un milliard d’euros par an (financement de prêts à
taux zéro).

Énergie : La lutte contre les changements climatiques passe par une refonte
de la politique énergétique de la France, fondée en priorité sur
l’efficacité énergétique . Celle-ci permettra également aux Français de
réduire considérablement leur facture « énergétique ». Pour améliorer d’au
moins 20% l’efficacité énergétique et développer les énergies renouvelables
à hauteur d’au minimum 20% de notre bouquet énergétique d’ici 2020, le
Grenelle décide que le projet de nouveau réacteur nucléaire EPR doit être
abandonné et la sortie du tout nucléaire programmée.

Pesticides : Parce que les pesticides sont devenus une menace majeure pour
la santé et l’environnement, le Grenelle décide un plan de réduction de
l’utilisation des pesticides de 25 % en 5 ans et de 50 % en dix ans. La
France, pays de la gastronomie, doit redorer son image autant sur le plan de
la qualité sanitaire de ces aliments que de son impact environnemental. 15 %
de la surface agricole doit être consacrée à l’agriculture biologique d’ici
2012.

OGM : Pour garantir le droit de produire et de consommer sans OGM et lutter
contre la contamination irréversible de l’environnement, le Grenelle décide
la mise en place d’un moratoire sur les cultures d’OGM en plein champ, seule
façon de garantir l’existence de cultures non OGM - conventionnelles ou bio.

Déchets : Pour réduire la quantité de déchets à la source et développer les
filières de valorisation matière, avec un l’objectif de 60% de valorisation
des déchets d’ici à 2020, le Grenelle décider la mise en place d’un
moratoire sur la construction de nouveaux incinérateurs.

Forêts : Le Grenelle décide de valoriser la filière bois française et de
protéger les forêts tropicales, avec un objectif contraignant : 90 % de bois
issus des filières locales, et 10 % issus des filières d’importations
certifiées FSC d’ici à 2012.

Lanceurs d’alerte : Le Grenelle décide de mettre en place un statut de
protection des lanceurs d’alerte, chercheurs ou simples citoyens qui, dans
le secteur public comme dans le privé, alertent d’un risque environnemental
et/ou sanitaire.

Mesure fiscale : Le Grenelle décide que l’énergie doit être payée à son vrai
coût, qui comprend notamment l’impact environnemental. Pour cela, le
Grenelle décide que soit inscrite dans la loi de finances 2008 une
contribution financière « énergie climat » sur les émissions de gaz à effet
de serre et la consommation d’énergie non renouvelable (charbon, gaz,
pétrole, nucléaire) d’au moins 20 euros/tonne de CO2, et de 50 euros/TEP. L

Les recettes générées pourront être utilisées pour financer les
investissements dans les économies d’énergie et pour maintenir le niveau de
revenu des ménages les plus modestes.


Après

Laissons la parole à Jean Kergrist notre "clown atomique" ou "clown agricole" suivant les moments.

Il animait encore récemment nos rassemblements en tant que "sous-secrétaire d’étable aux colloques agricoles". Il n’a rien perdu de sa lucidité caustique.

Jean Kergrist, "clown retraité", nous envoie ce billet de conclusion au Grenelle de l’environnement, qu’il appelle une "Ecoloclownerie". Par Didier PILLET, mardi 30 octobre 2007 .

L"Ecoloclownerie" du Grenelle de l’environnement

"Au Grenelle de l’environnement, le personnage clownesque du « sous-secrétaire d’étables aux colloques agricoles », que j’ai baladé pendant des années de fêtes en manifs, a trouvé plus ubuesque que lui. Oyez plutôt :

"Les semences OGM sont suspendues par un moratoire… qui va durer l’hiver, saison habituellement très propice aux semailles.

"On ne construira plus d’autoroutes… sauf exception notoire : pour contourner les villes et pour aller d’une ville à l’autre.

"On va diminuer de moitié les pesticides… sur deux siècles. C’est dire notre grande détermination à agir dans la durée, dans le cadre d’un développement durable.

"Sur le réchauffement climatique, les incinérateurs, les biocarburants nous allons… réfléchir, activité qui, tout en se prolongeant longtemps, n’est pas trop consommatrice en gaz carbonique.

"Nous allons développer le transport par rail… c’est-à-dire le TGV. Les usagers des lignes secondaires, comme les vaches, regarderont passer le train.

"Nous allons proposer une taxe sur les voitures polluantes… Les pauvres iront à pied, ce qui les réchauffera leurs pieds sans réchauffer la planète.

"Il ne sera plus construit de nouveaux sites nucléaires… les nouvelles centrales le seront sur ceux déjà existants.

"Et Hulot, Voynet, Bové d’applaudir.

"Les écolos sont vraiment bon public !

"C’était le moment choisi par Bruxelles pour entrer en scène avec une surenchère clownesque encore plus désopilante : l’annonce de l’abandon de notre patrimoine fluvial par le démantèlement des canaux bretons.

"Au secours, nos clowns sont devenus fous !

Jean Kergrist

Clown retraité


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Kergrist et Yves Cochet. A Rennes contre l’EPR.

Voir aussi

"L’environnement est un défi industriel". Tel est le slogan de la campagne lancée par Véolia en juin 2006

Tout laisse à penser que le "Grenelle de l’Environnement" n’est que l’apothéose de cette magistrale opération de lobbying.

Le succès du "Grenelle de Véolia-Environnement".


Le Grenelle au kärcher (Trade mark*)

A peine les flons flons du bal se sont-ils tus qu’un revigorant tir de barrage démonte la « révolution verte » annoncée urbi et orbi par ses thuriféraires énamourés. Salutaire mise au point. Florilège.

par Marc Laimé, 30 octobre 2007


PARIS, 5 nov 2007

Grenelle de l’environnement : le Sénat s’inquiète du manque de financement

PARIS, 5 nov 2007 (AFP) - La commission des finances du Sénat s’est inquiétée lundi dans un communiqué de l’absence de financement dans le budget 2008 pour mettre en oeuvre les orientations définies lors du Grenelle de l’environnement.

Les rapporteurs spéciaux de la mission "Ecologie, développement et aménagement durables" se sont félicité "de la priorité donnée aux enjeux écologiques par le projet de budget 2008 et, en particulier, de la volonté du ministre d’Etat d’amplifier l’action de rénovation et d’entretien des réseaux routier, ferroviaire ou fluvial, qu’ils ont jugée conforme à l’impératif de développement durable".

"Ils se sont toutefois déclaré préoccupés par l’absence de traduction financière et budgétaire des orientations proposées par le Grenelle de l’environnement. Alors que le projet de budget du ministère a été élaboré avant que soient connues les annonces du Grenelle, l’amplification des reports modaux dans le domaine des transports, notamment sur le réseau ferroviaire, nécessite que soient précisées les modalités de leur financement", souligne le communiqué.

Les sénateurs estiment notamment que la mise en oeuvre d’une "taxe sur le transport routier" ne suffirait pas à combler le déficit des ressources de l’agence de financement des infrastructures de France (AFITF), résultant de l’épuisement des recettes de privatisation des sociétés d’autoroutes en 2006. Le produit de cette taxe, disponible au mieux en 2010, serait limité à 800 millions d’euros par an, indique la commission des finances.

Les rapporteurs spéciaux ont souhaité une "remise à plat" des relations financières entre l’Etat, les collectivités territoriales et les grands opérateurs ferroviaires (Réseau ferré de France et SNCF) pour éviter que la dette historique de ces derniers ne freine le développement du rail.

Ils ont aussi décidé d’engager en 2008 un "contrôle approfondi" du dispositif de radars automatiques, compte tenu des "résultats décevants" du contrôle automatisé des infractions au code de la route, dont seulement environ la moitié sont effectivement suivies d’un avis de contravention.

notre commentaire : Rappelons nous les propos "d’avant" des associations de l’Alliance pour le Planète : Pour être une réussite et répondre à la crise
environnementale, le Grenelle de l’environnement doit déboucher sur les
décisions radicales que nous proposons et qui font rupture avec le statu quo
actuel. Ces décisions doivent impérativement comprendre des objectifs
chiffrés et datés.

Manifestement le compte n’y est pas malgré le 18/20 attribué au Grenelle par Nicolas Hulot !


OGM : la Confédération Paysanne s’estime "trompée"

PARIS, 6 déc 2007 (AFP) -

La Confédération Paysanne, le syndicat agricole "fer de lance" de la lutte contre les OGM, s’est estimée jeudi "trompée" par le gouvernement qui n’a pas décreté un "moratoire" de la culture du maïs OGM Mon 810 en 2008.

"Nous avons été trompés lors du Grenelle de l’Environnement. Le ministère de l’Ecologie a cédé aux pressions du ministère de l’Agriculture pour autoriser la coexistence des cultures OGM et non-OGM alors qu’il avait laissé entendre qu’il utiliserait la +clause de sauvegarde+ pour ne pas autoriser la culture du maïs OGM 810 pendant toute l’année 2008", a déclaré à l’AFP Olivier Keller, secrétaire national en charge du dossier des OGM.

Deux décrets, créant un comité de préfiguration d’une Haute autorité sur les organismes génétiquements modifiés (OGM) et suspendant la vente et l’utilisation du seul OGM cultivé en France, le Mon 810, seulement jusqu’au 9 février 2008, ont été publiés jeudi au Journal officiel.

En vertu d’un décret émanant du ministère de l’Agriculture, "la cession à l’utilisateur final et l’utilisation des semences" du Mon810, le maïs OGM de la firme américaine Monsanto cultivé en France, "sont suspendues sur le territoire national jusqu’à la publication d’un loi relative aux organismes génétiquement modifiés et au plus tard jusqu’au 9 février 2008".

Le projet de loi sur les OGM doit être examiné en Conseil des ministres le 19 décembre afin de pouvoir être adopté avant la fin de la session parlementaire le 9 février.
"Nous sommes très déçus. Nous allons maintenant demander aux parlementaires de voter des amendements pour obliger les agriculteurs qui cultiveront les OGM, les semenciers, et les firmes détenteurs des brevets à souscrire des garanties financières pour dédommager les cultures conventionnelles ou biologiques victimes d’une contamination transgénique", a ajouté Olivier Keller.


L’Alliance pour la planète suspend sa participation au Grenelle tant que le dialogue à « cinq » n’est pas rétabli.

06 décembre 2007

voir communiqué

Paris, France — Le 06/12/07.

Suite à la remise en cause par le
gouvernement de la décision du Grenelle d’activer au niveau européen
la clause de sauvegarde sur la culture du maïs MON810, décision sur
laquelle s’étaient pourtant engagés le président de la République, le
ministre d’Etat et la secrétaire d’Etat, les associations de
l’Alliance pour la planète suspendent officiellement leur
participation au processus de suivi du Grenelle tant que le dispositif
de suivi à cinq collèges n’est pas rétabli.

L’Alliance demande au Ministre d’Etat Jean-Louis Borloo d’organiser en
urgence une réunion du groupe de contact inter collèges et de stopper
un processus opaque et unilatéral qui sape les résultats du Grenelle.
Pour rappel, le président de la République lui-même s’était engagé
lors de son discours de clôture du Grenelle sur la poursuite de ce
qu’il appelait « le dialogue à cinq » : « Le Grenelle n’est pas une
fin, c’est un commencement. Et nous allons confier « aux cinq » le
suivi de ce qui a été décidé en commun ».

« Déchets, forêts, publicité, éco-pastille, OGM… les premières mesures
de suivi et de mise en œuvre du Grenelle conduisent à une remise en
cause une à une des décisions prises il y a moins de 6 semaines. Ce
résultat est évidemment lié au processus unilatéral choisi à ce stade
par le gouvernement » déclare Yannick Jadot, directeur des campagnes
de Greenpeace et porte-parole de l’Alliance pour la planète.

Ces dernières semaines, la plupart des participants au Grenelle ont
demandé avec force et insistance au gouvernement d’associer des
représentants des différents collèges à la phase de suivi,
conformément aux étapes précédentes du Grenelle et aux assurances
formelles données par le président de la République. En vain !

« L’Alliance demande au président de la République et au ministre
d’Etat de remettre en marche la dynamique de travail collective et
ainsi de restaurer la confiance » ajoute Yannick Jadot.