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Algues bleues au Québec, algues vertes en Bretagne. Mêmes causes, mêmes mauvaises réponses ?

mercredi 26 septembre 2007

Jean Charest se lance à l’assaut des algues bleues. Surveillance accrue des cours d’eau, augmentation des amendes aux citoyens qui rejettent leurs eaux usées dans les lacs, interdiction des détergents à base de phosphates Le gouvernement a adopté, hier, 35 mesures totalisant 195 millions de dollars pour contrer la prolifération des cyanobactéries dans la province.

Ariane Lacoursière, La Presse, Sainte-AdèleLe mercredi 26 sept 2007

195 millions pour contrer les algues bleues

Au total, 158 lacs du Québec sont touchés par des problèmes d’algues bleues. Même s’il estime que la province ne vit pas une « crise », le premier ministre Jean Charest reconnaît qu’« un accroissement du nombre de lacs touchés par les cyanobactéries » a été observé cette année. C’est pourquoi il a tenu un premier Rendez-vous stratégique sur les algues bleues, hier, à Sainte-Adèle dans les Laurentides.

Les représentants des municipalités du Québec, des conseils régionaux de l’environnement, de l’Union des producteurs agricoles, des partis de l’opposition et d’autres associations y ont pris part. Seuls les groupes militants environnementaux n’étaient pas représentés, une situation qui a été fortement dénoncée au cours des derniers jours.

Au terme de longs pourparlers, le gouvernement a dévoilé son plan d’action sur les algues bleues. « Nous proposons 35 mesures, soit 113 millions d’argent neuf qui sera investi au cours des 10 prochaines années », a annoncé la ministre de l’Environnement, Line Beauchamp.

Faire payer les pollueurs

À partir de maintenant, les riverains qui déverseront leurs eaux usées directement dans les cours d’eau devront payer des amendes plus salées. « Le gouvernement ne peut pas agir seul. Tous les citoyens doivent y mettre du leur et on va s’en assurer », a déclaré M. Charest.

Les pouvoirs des municipalités seront également modifiés pour qu’elles puissent poursuivre plus facilement les citoyens délinquants et qu’elles puissent assurer la vidange périodique des fosses septiques des résidences isolées. « Les rejets de plusieurs résidences sont en grande partie responsables de la production de cyanobactéries. On va pouvoir mieux agir pour les encadrer », s’est réjoui Denis Lapointe, de l’Union des municipalités du Québec.

Afin de limiter le rejet de phosphore dans l’eau, Jean Charest compte adopter un règlement qui interdira l’utilisation de détergents phosphatés dans la province. Le premier ministre tentera aussi de convaincre Ottawa d’en faire autant.

Le député péquiste Alexandre Cloutier, qui représentait son parti au Rendez-vous stratégique sur les algues bleu-vert, a jugé cette proposition trop frileuse. « On assiste à une valse entre les deux gouvernements. Si d’ici la rentrée parlementaire, il ne s’est rien passé au sujet des détergents phosphatés, comptez sur le PQ pour déposer un projet de loi pour les interdire », a-t-il annoncé.

Le représentant de l’ADQ et porte-parole de l’opposition officielle en matière d’Environnement, Simon-Pierre Diamond, n’était pas non plus enthousiaste. « On espérait ce règlement depuis le début de l’été. Finalement il arrive à l’automne. Mieux vaut tard que jamais, mais c’est tard », a-t-il commenté.

La part du lion aux agriculteurs

De toutes les mesures annoncées par le gouvernement, c’est le milieu agricole qui recevra la majorité des ressources financières, soit 90 millions d’argent frais en 10 ans. Ces sommes serviront à financer des modifications de terrains agricoles qui polluent les cours d’eau. Une attention particulière sera portée pour que toutes les terres agricoles possèdent une bande riveraine de trois mètres tel que l’oblige le règlement.

Le président de l’Union des producteurs agricoles du Québec, Laurent Pellerin, a accueilli cette annonce avec prudence. Selon lui, la majorité des agriculteurs respecte déjà cette consigne. Il s’est tout de même réjoui du fait qu’une priorité sera accordée aux terres agricoles qui sont situées dans des secteurs aux prises avec des problèmes de cyanobactéries.

De son côté, le porte-parole de Greenpeace, Éric Darier, a été déçu de la proposition du gouvernement. « Faire enfin appliquer la bande riveraine de trois mètres n’est qu’un strict minimum qui aurait dû être fait depuis longtemps », a-t-il déclaré.

Big Brother des lacs

En plus d’adopter des mesures plus coercitives, le gouvernement compte aussi accroître la surveillance de ses cours d’eau au cours des prochains mois. Actuellement, 250 lacs font partie d’un réseau de surveillance volontaire. « D’ici trois ans, on veut surveiller 700 lacs au total. Pour ce faire, on va augmenter nos effectifs et notre financement », a annoncé Mme Beauchamp. Quinze inspecteurs supplémentaires seront engagés au ministère de l’Environnement.

Un peu plus de 2 millions de dollars seront aussi investi sur trois ans pour financer des recherches sur les cyanobactéries. Les conséquences économiques des algues bleues et leurs véritables dangers pour la santé humaine seront entre autres étudiés.

Au terme d’une longue journée de discussion, Jean Charest s’est dit fier de son nouveau plan d’action. Il a toutefois lancé un avertissement : « Le problème ne se réglera pas l’été prochain. Il va encore y avoir des algues bleues en 2008, a-t-il dit, Mais c’est quand même important d’agir maintenant. »

Principales mesures

> Adoption d’un règlement pour interdire les détergents phosphatés.

> Adoption d’une réglementation provinciale pour limiter les rejets d’eaux usées par les embarcations de plaisance.

> Intensification du reboisement des rives avec la plantation de 2 millions d’arbres en deux ans.

> Lancement de discussions avec l’Ontario et le Vermont pour ralentir le développement d’algues bleues dans les lacs situés sur les frontières.

> Financement accru de 2,1 millions pour la recherche sur les cyanobactéries.

> Surveillance accrue de 700 lacs au lieu de 250, comme c’est le cas actuellement.

> Analyse systématique de la capacité de support des lacs avant d’autoriser tout nouveau développement de villégiature aux abords des cours d’eau.

> Renforcement du pouvoir des municipalités pour quelles puissent procéder à la vidange des fosses septiques et à leur rénovation.

> Soutien de 3 millions aux municipalités les plus touchées par la prolifération des algues bleu-vert.


Notre commentaire : : en Bretagne a été appliqué un "Plan de Maîtrise des pollutions d’origine agricole" (PMPOA) a été appliqué. Beaucoup d’argent investi pour un résultat nul : voir

voir aussi : Des marées noires aux marées Vertes