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Climat. En Bretagne le changement est déjà visible.

samedi 22 décembre 2018, par Gérard

L’Observatoire de l’environnement en Bretagne vient de publier une batterie de données qui rappelle cette réalité : dans la région comme ailleurs, climat et biodiversité sont déjà bouleversés.

Ces derniers mois, les naturalistes du monde entier se sont fait l’écho de la menace d’une sixième extinction de masse des espèces. Cette érosion dramatique de la biodiversité s’observe à l’échelle de la Bretagne, où 333 espèces sont menacées (soit 21 % des espèces évaluées). De la même manière, le cinquième rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) nous alerte sur l’impact d’une très probable hausse des températures au-delà de 1,5°C, ainsi que sur la fréquence et l’intensité d’événements extrêmes (canicules, tempêtes).

Le changement climatique en Bretagne a commencé et devient de plus en plus perceptible. La température s’est élevée en moyenne de + 0,2°C à + 0,3°C par décennie entre 1959 et 2009, quand le niveau de la mer au port de Brest a augmenté de 25 cm depuis 1900.

Ces relevés, évocateurs, sont quelques-unes des constatations recensées dans la dernière édition de « L’Environnement en Bretagne – Cartes et chiffres clés », publiée par l’Observatoire de l’environnement en Bretagne.

Cet ouvrage grand public s’appuie sur les connaissances les plus récentes et propose des clefs de lecture et des prolongements vers des publications et des sites web permettant de mieux comprendre les sujets évoqués, d’accéder aux données et de s’informer davantage. Dans cette édition 2018, la mise en page évolue pour gagner encore en lisibilité et en clarté.

Le Télégramme

En passant le nez dehors, vous vous êtes sans doute déjà fait la réflexion, un jour, que quelque chose ne tournait pas rond, côté météo. Comme un sentiment de jamais vu. Une impression que vient corroborer la dernière publication de l’Observatoire de l’environnement en Bretagne, qui compile les chiffres clés de l’environnement dans la région.

Le dossier de 90 pages, disponible sur internet, brasse des sujets aussi larges que les paysages, les sols, les déchets en passant, évidemment, par le climat et la biodiversité. Il sera distribué dans toutes les bibliothèques et lycées bretons, histoire de bien faire passer le message : le changement climatique est déjà perceptible, ici comme ailleurs.

Le ciel, les oiseaux et la mer

La biodiversité, parent pauvre des débats sur l’environnement, accuse le coup, en Bretagne. Ici, 35 % des espèces d’oiseaux nicheurs, comme le faucon pèlerin, le canard chipeau ou le busard cendré, sont menacés de disparition. Dans l’eau, on trouve de moins en moins d’anguilles européennes et de grandes aloses, cousines de la sardine. Sans parler des 214 plantes à fleurs et fougères que les promeneurs pourraient bientôt ne plus croiser.

Côté climat, les chiffres sont plus connus mais il n’est jamais vain de les rappeler. Entre 1969 et 2009, la température s’est élevée en moyenne de 0,2 °C à 0,3 °C toutes les décennies, soit plus d’un degré supplémentaire en l’espace de cinquante ans en Bretagne. Depuis 1990, la température moyenne annuelle est presque toujours supérieure à ce qu’elle devrait être.

Nous ne pourrons pas dire que nous ne savions pas.

Pendant ce temps, le niveau de la mer n’a cessé de monter. À Brest, il est supérieur de 25 à 30 cm à ce qu’il était en 1711, date des premières mesures. L’OEB estime que 36 000 hectares de zones basses littorales sont de plus en plus exposés aux risques de submersion marine, soit l’équivalent… de 50 000 terrains de foot ! Lentement mais sûrement, la côte bretonne continue d’être grignotée par l’érosion. En 60 ans, près de 5,4 % du trait de côte a reculé du fait de l’érosion marine.
Jusqu’où ?

« Le rapport de l’OEB est une bonne manière de montrer aux citoyens que le changement climatique ne se voit pas seulement à travers la progression des déserts en Afrique ou la disparition des baleines : c’est aussi une réalité locale », souligne Pascal Séach, le président de l’OEB. Thierry Burlot, vice-président chargé de l’environnement à la Région, ajoute, en paraphrasant Jacques Chirac : « Nous ne pourrons pas dire que nous ne savions pas ».*

Jusqu’où le changement climatique nous impactera en Bretagne ? Au-delà de l’augmentation des températures de 2 à 4 degrés d’ici un siècle ou du niveau de la mer, les scientifiques ont encore du mal à s’avancer. Difficile de savoir par exemple si les tempêtes seront plus violentes et nombreuses ou s’il pleuvra moins. Ils sont certains d’une chose : beaucoup dépend de la capacité des États du monde à réduire, ou non, le réchauffement planétaire.

* www.bretagne-environnement.org

**Thierry Burlot a-t-il enfin compris que le conseil régional doit s’opposer à la construction par Total d’une usine électrique à gaz de 450Mw , subventionnée par l’Etat à raison de 50 millions d’euros par an, à Landivisiau, conformément à la promesse du président Macron de ne plus construire aucune centrale thermique, y compris à gaz, en France.
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