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Centrale à gaz de Landivisiau : Ses opposants sont persuadés que le projet sera abandonné.

dimanche 21 janvier 2018, par Gérard Borvon

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C’est un vieux serpent de mer qui tient son origine dans le pacte électrique breton (Peb), signé en 2010 (1).

Pour résoudre les problèmes du réseau électrique régional, décision est prise d’agir sur trois piliers  : «  La maîtrise des consommations d’électricité  », «  Le développement des énergies renouvelables  » et «  La sécurisation de l’approvisionnement électrique  ».

Ce dernier axe passe notamment par la mise en service d’un moyen de production d’appoint d’électricité, une centrale à cycle combiné gaz de 450 MW. Cela alors que la Bretagne ne produit, à cette époque, que 9,5 % de son électricité (contre 14 % en 2016, dont 11 % issus d’énergies renouvelables (2)).

De recours en recours

Un temps pressenties pour l’accueillir, les villes de Briec et de Guipavas sont finalement recalées au profit de Landivisiau. En juin 2011, le projet du consortium Direct-Energie - Siemens est choisi pour une mise en service prévue en 2016. En 2018, les travaux n’ont toujours pas débuté.

En cause, la mobilisation de différentes associations qui se sont unies pour contrer le projet, en déposant recours sur recours, au tribunal administratif. La cour d’appel de Nantes doit encore se prononcer sur une demande d’annulation de l’arrêté préfectoral autorisant l’exploitation.

De son côté, l’association «  Landivisiau doit dire non à la centrale  » s’apprête à lancer «  un appel solennel à l’État pour l’arrêt de ce projet  », jugé «  inutile, dépassé, très coûteux, très polluant et en totale contradiction avec l’objectif de la Cop 21  ».

Des signaux d’abandon  ?

Ils en sont persuadés, la centrale à gaz de Landivisiau ne se fera pas. Selon eux, il y a des indicateurs qui ne trompent pas. Comme ce discours d’Emmanuel Macron, à la Cop 23 à Bonn. «  La France a décidé l’absence de toute construction de nouvelles centrales thermiques.  » Et l’association de citer «  ces centrales à gaz à l’arrêt en France  ».

Les opposants s’étonnent aussi que la dernière Conférence bretonne de la transition énergétique, qui s’est tenue le 29 novembre, ne mentionne pas la centrale au rang de ses chantiers en cours. «  Pour la première fois, il est reconnu une stabilisation globale de la consommation d’électricité, avec des chiffres qui sont bien en deçà du pire des trois scénarios du Peb  », se réjouit Loïc Pollès, membre de «  Landivisiau doit dire non à la centrale  ».

La consommation électrique de la région a plafonné à 20,9 TWh en 2015 (2). Tandis que le pacte électrique breton tablait, pour cette même année, sur une fourchette comprise entre 22,5 et 24,7 TWH.

«  Un black-out serait un cataclysme  »

Pour Jean Le Vourc’h, président de l’association pro-centrale Gesper (Groupe d’études et de soutien en faveur de la production des énergies régionales) et ex-patron du groupe Even et du Crédit agricole du Finistère, le problème n’est pas tant la consommation globale que les pics de consommation.

«  Un black-out serait un vrai cataclysme pour le réseau électrique. Il ne faut surtout pas prendre ce risque-là, car il coûterait excessivement cher.  »

Il cite aussi l’impact sur le développement économique du territoire. «  Pourquoi investir en Finistère s’il y a le moindre doute sur la fiabilité du réseau  ? C’est une question qui m’a déjà été posée par un important industriel…  »

«  Première pierre en 2018  »

Pour lui, la seule solution, c’est «  la création de cet outil, qu’on pourra démarrer quasi instantanément pour répondre à la demande. À la différence des énergies renouvelables, intermittentes  ».

De son côté, le PDG de Direct-Energie, Xavier Caïtucoli, se montrait formel à l’automne dernier  : «  La première pierre sera posée en 2018.  » Sur le site internet dédié au projet, l’histoire s’est pourtant arrêtée en 2015…

(1) Conclu entre l’État, la Région, l’Ademe, RTE et l’Agence nationale de l’habitat

(2) Source  : RTE, Réseau de transport d’électricité