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Bretagne. Les pesticides en forte hausse.

jeudi 2 mars 2017, par Gérard Borvon

La lecture du récent rapport 2016 sur l’agriculture en Bretagne révèle une évidence : une augmentation massive de la pollution par les pesticides.

Extrait :

Qualité de l’eau :

Nitrates  : "La moyenne des quantiles 90 des 87 stations de suivi de la qualité de l’eau en Bretagne est de 31,7 mg/L en 2015, du même ordre de grandeur qu’en 2014 (le quantile 90 correspondant à la concentration pour laquelle 90 % des mesures sont inférieures lorsque la station dispose de plus de 10 mesures, ou encore la concentration que 10% des mesures dépassent, sinon cette valeur est le maximum observé.)

Certaines stations présentent toujours des quantiles 90 au-delà de la limite des 50 mg/L : l’Horn à Mespaul (69 mg/L), le Guillec à Trézilide (64 mg/L) et l’Evel à Guenin (55 mg/L)."


Rappel  : Le 15 Juillet 1980 le Conseil des Communautés Européennes publiait la directive relative à la qualité des eaux destinées à la consommation humaine. Un nombre guide de 25 mg/l de nitrates était défini, ce nombre correspondant au seuil à partir duquel une eau pouvait être considérée comme polluée et donc nécessiter des attentions particulières des pouvoirs publics. Il faut rappeler que dans un environnement sain, l’eau des captages ne devrait pas en contenir plus de 1 mg/l et l’eau de surface plus de 5 ou 6 mg/l.

Avec une moyenne de 31,7mg/l, en Bretagne, nous sommes donc bien loin du compte !


Pesticides  : "Le lessivage des produits phytosanitaires, épandus sur les surfaces agricoles et non agricoles, dégrade aussi la qualité de l’eau. En 2015, 158 molécules ont été quantifiées dans les eaux brutes du réseau Corpep.

Comme en France métropolitaine, l’Ampa, métabolite de dégradation du glyphosate utilisé pour le désherbage total, est la molécule la plus quantifiée (92 %). Dix prélèvements présentent des concentrations supérieures à la valeur règlementaire des eaux brutes pour ce métabolite dont huit sur la station de mesure du Gouessant. Sa molécule mère, le glyphosate, est toujours aussi présente. Elle est décelée dans 76 % des prélèvements, en nette hausse par rapport à 2014. Ce désherbant total employé en usages agricoles et non agricoles est le pesticide le plus vendu en France.

Des pics de concentration ont été observés pour certaines molécules : à 41 μg/L et 11 μg/L pour le thiabendazole (fongicide des légumes) sur respectivement l’Aven et l’Horn ; à 11 μg/L pour le propyzamide (herbicide) sur l’Horn ; à 5 μg/L pour l’isoproturon dans le Gouessant."

Rappel : une eau brute ne devrait pas contenir plus de 2μg/L de pesticide pour pouvoir être prélevée puis traitée. au robinet elle ne devrait pas dépasser 0,1μg/L (voir tableau en fin d’article)


cliquer sur l’image pour agrandir.

Noter la place prépondérante du glyphosate et surtout de son produit de dégradation l’Ampa. Son interdiction est une urgence absolue !

Noter aussi la forte augmentation entre 2014 et 2015 qui contredit toutes les affirmations sur une prétendue diminution de l’usage des pesticides.

Seule l’atrazine interdite depuis 2003 et le diuron interdit depuis 2007 diminuent mais restent encore très présents dans l’eau.



Et l’air ?

Tous ces produits se retrouvent massivement dans l’air que nous respirons. A quand leur mesure systématique. Et surtout à quand la suppression de leur usage ?

Au sujet des effets des pesticides sur les enfants, en Bretagne, voir :

Pesticides durant la grossesse, bébé trinque.


Cécile Chevrier et Sylvaine Cordier.De l’Inserm à Rennes, unité U 625 (recherche épidémiologique environnement et reproduction). | Ouest-France.

Extrait :

Quel est l’impact sur la grossesse ?

Même à des niveaux faibles, la présence de triazines augmente les risques d’anomalie de croissance dans l’utérus, avec un faible poids de naissance, qui peut être un handicap pour le développement du bébé, et un périmètre crânien plus petit, ce qui n’est pas bon pour le système nerveux central...

D’où viennent ces pesticides ?

Avec Air Breizh, nous avons mesuré la quantité de pesticide largué dans l’air après usage agricole. Nous avons établi un lien entre le problème de croissance du foetus et la quantité de pesticide dans l’air. On pense souvent que l’exposition aux pesticides est professionnelle ou alimentaire. Or, vivre à proximité d’une zone agricole n’est pas anodin.