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Complément d’enquête. Colère dans l’empire africain de Vincent Bolloré.

dimanche 10 avril 2016, par Gérard Borvon

"Vincent Bolloré, un ami qui vous veut du bien ?" interroge le magazine. Pour les employés camerounais des palmeraies dont il est actionnaire, la réponse est non. Plongée dans l’empire noir de Bolloré, extraite d’un document de "Complément d’enquête".

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Loin du papier à cigarette de ses débuts ou des médias français, l’empire de Vincent Bolloré s’étend aujourd’hui jusqu’en Afrique. Depuis 1995, l’industriel est actionnaire d’un groupe financier luxembourgeois qui gère des participations dans d’immenses exploitations d’huile de palme. Mais il n’aime pas trop en parler… "Complément d’enquête" s’est donc rendu sans lui au Cameroun.

Grâce à deux syndicalistes, Tristan Waleckx a pu pénétrer dans une plantation d’huile de palme à deux heures de piste de Douala, la capitale économique. Ce qu’il y a découvert est édifiant. Pour 1 euro par jour, des hommes, des femmes, des adolescents de 16 ans, voire 14, payés à la tâche, récoltent sans aucune protection de lourdes noix de palme. Ils ne sont pas employés directement par le groupe Bolloré, mais par une myriade de sous-traitants.

"On vit comme des chèvres ou des porcs"

Un travail dur et des conditions misérables. "On dirait que nous sommes des animaux de brousse", dit un ouvrier en montrant ses paumes abîmées. "Complément d’enquête" a visité les campements vétustes de la palmeraie, des cabanes en bois sans eau ni mobilier qui datent d’il y a plus de cinquante ans. "Ce ne sont pas des habitations dignes d’êtres humains", proteste un ouvrier. "Ici, on vit comme des chèvres ou des porcs", s’indigne un autre.

En 2013, une délégation d’ouvriers s’est rendue en France pour interpeller l’actionnaire breton, qui cristallise toute la colère, et lui faire part de ses doléances. "Vous pouvez compter sur moi", a assuré un Vincent Bolloré plein de bienveillance, qui semblait découvrir le dossier. Trois ans plus tôt, l’OCDE avait pourtant, fait rarissime, ouvert une enquête et conclu à des manquements au "respect des droits de l’homme", à la "protection de l’environnement" et à la "garantie de la sécurité et de la santé au travail".

L’industriel assure avoir fait pression depuis sur ses partenaires des palmeraies, mais les associations locales continuent de manifester. "Nous sommes des esclaves de Vincent Bolloré", dit la pancarte de l’un des manifestants.

Pour l’ensemble de l’émission.

"Quand il vous appelle ’mon ami’, méfiez-vous !" confie un de ses anciens proches. La technique de Vincent Bolloré, c’est le coup de force avec un grand sourire… "Vincent Bolloré, un ami qui vous veut du bien ?", portrait de "Complément d’enquête" le 7 avril 2016.

Quand il veut avaler une entreprise, ce "chef d’un clan de gitans" est prêt à tout. Ce patron surnommé le "smiling killer", le tueur souriant, a pris le contrôle total du groupe Vivendi quand il en était actionnaire. Et soudain, l’été dernier, celui de Canal+… Depuis qu’il est à la tête de la chaîne cryptée, "l’esprit Canal" a du plomb dans l’aile. Le Zapping, émission phare ciblée par une "liste noire" d’animateurs à évincer pour insolence, ne se laisse pas faire, et en remet une couche en mars dernier.

Dans le document que vous propose "Complément d’enquête" le 7 avril 2016, des salariés racontent les méthodes parfois autoritaires d’un "censeur" décomplexé. Six mois d’enquête pour le portrait long format d’un patron qui n’aime pas qu’on parle de lui… Une première à la télévision.

L’Afrique, son nouveau terrain de jeu

Vincent Bolloré, chef d’entreprise cynique ou visionnaire pressé ? Ses proches témoignent : Philippe Labro, Alain Minc, l’ex-grand flic Ange Mancini, Laurent Dassault ou le conseiller spécial de François Hollande Bernard Poignant décrivent un industriel fonceur, un touche-à-tout trangressif, inventeur de la batterie électrique dès les années 90, alors que personne n’y croyait.

Ceux qui l’ont côtoyé parlent de lui… parfois sans concessions. Quelles sont ses méthodes ? Comment a-t-il fait des papeteries OCB, au bord de la faillite, un empire qui pèse aujourd’hui 15 milliards d’euros et qui s’étend jusqu’en Afrique ?

L’Afrique, c’est le nouveau terrain de jeu de celui qui est aussi un aventurier. "Complément d’enquête" vous fait découvrir le côté obscur de son empire : plantations d’huile de palme, installations portuaires… Des activités lucratives sur lesquelles il reste discret.

Après ce document signé Tristan Waleckx, Mathieu Rénier et Mikael Bozo, Nicolas Poincaré reçoit Sophie Coignard, journaliste au Point.