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Ecotaxe en Bretagne. Gaëlle Rougier. Halte à la démagogie.

dimanche 20 octobre 2013, par Gérard Borvon

Nombre d’affirmations fantaisistes, sinon démagogiques, circulent sur
l’écotaxe.

Une nouvelle gabelle ? Rappelons cette vérité simple : si les routes bretonnes sont gratuites pour les usagers, leur coût est financé par l’impôt,
donc par l’ensemble des contribuables. Ainsi, pour les Bretons, l’écotaxe
poids-lourds est une bonne nouvelle : en taxant les entreprises elle allège le coût des infrastructures de transport pour tous. Elle est en cela une mesure sociale.

(Par Gaëlle Rougier, conseillère régionale EELV en Bretagne.)

Les détracteurs de l’écotaxe se présentent comme les défenseurs des
intérêts bretons. Justement, alors que les Régions disposent de toujours
moins de moyens, l’écotaxe est une manne indispensable pour financer les grandes autoroutes maritimes, fluviales et ferroviaires nécessaires pour se connecter aux réseaux économiques européens.

S’ils sont contre l’écotaxe, que proposent-ils donc pour financer
l’ambition ferroviaire bretonne ? Rien.

On assiste à une manipulation de l’histoire au profit du conservatisme
patronal. Quand le prix du gazole aura doublé, comment la Bretagne
exportera ses productions si elle ne dispose pas d’infrastructures
de fret ferroviaire ou maritime ?

L’écotaxe permet d’engager la transition de l’économie bretonne, et
donc d’assurer l’avenir de nos emplois. Ne pas fournir cet effort fiscal
aujourd’hui, c’est organiser notre défaite demain.

L’écotaxe, tueuse d’emplois ? La réalité est que ceux qui sont aux commandes depuis des années font porter à l’écotaxe le chapeau de
la désindustrialisation alors même qu’elle n’est pas mise en place. Ils
cherchent à se défausser de leurs responsabilités dans la crise dramatique
de l’agroalimentaire breton.

Si Gad est en difficulté, c’est notamment parce que 700 000 porcs bretons sont envoyés à l’abattage en Allemagne. Cela n’est rendu possible que parce qu’il est moins cher d’exporter par la route vers l’est de l’Europe que d’abattre les porcs en Bretagne. L’écotaxe touche essentiellement
les grandes entreprises exportatrices, beaucoup moins les
PME tournées vers le marché régional.

En augmentant le coût du transport, l’écotaxe peut inciter les groupes agroalimentaires à relocaliser une partie de leurs activités et de
leurs emplois. Le report de la route vers des modes
de transport moins polluants et moins énergivores est une urgence
vitale.

La lutte contre le réchauffement climatique et pour une meilleure qualité de l’air est de notre responsabilité commune, ici et maintenant !

Dans ce contexte, la demande d’un moratoire par le conseil régional
de Bretagne n’a de sens que s’il est mis à profit pour engager la mutation
du modèle économique breton vers des productions à haute valeur
ajoutée, respectueuses des droits sociaux, de l’environnement, et favorisant
la relocalisation des activités. Si ce n’était pas le cas, le moratoire
serait simplement un énième renoncement face aux lobbies des grands
patrons. Nous verrions alors s’éloigner notre volonté de voir émerger
une Bretagne connectée au monde, une Bretagne solidaire où les entreprises, autant que les usagers, participent à façonner l’économie de demain et l’avenir de nos enfants


voir aussi :

Ecotaxe en Bretagne. Christophe Winckler dénonce la démagogie.